Nouveau medium: nouveau combat?

L’Internet n’est pas seulement un espace mercantile. Un des attraits du Web réside précisément dans le fait qu’il représente un porte-voix, un moyen pour les minorités de se faire entendre plus démocratiquement. Les femmes ont été et sont toujours une minorité d’un point de vue social, politique et économique. Si, dans la réalité, les femmes peinent à se faire entendre au travers des média traditionnels, peinent à grimper en haut de l’échelle sociale -le fameux ceiling glass- la toile offrent dans ce cas des opportunités considérables pour faire valoir leurs revendications, leurs créations, leur professionalisme aussi. Que ce soit pour se défendre, revendiquer leur place dans les NTIC ou créer librement, les femmes ont su tirer parti du Web. Dans le contexte de la mise en place de la parité, ces progrès ne passent pas inaperçus.

1. La défense des intérêts des femmes :

Plusieurs groupes et associations ont mis à jour, depuis plusieurs années déjà, leur traditionnel travail en réseau en investissant le Web.

Ainsi des organisations non-gouvernementales travaillent pour la paix dans le monde et l’égalité des sexes, comme Womenwatch qui s’organise par les trois bureaux de femmes de l’ONU : le Division for the Advancement of Women, United Nations Development Fund for Women, International Research and Training Institute for the Advancement for Women). On y retrouve -entre autres- les textes officiels de la 4e Conférence Mondial sur les Femmes de Beijing de 1995. la conférence mondiale des femmesDans le même esprit, on retrouve l’Association for Progressive Communications qui vise à favoriser l’accès des femmes du monde entier aux NTIC et combler le fossé Nord/Sud. Pour ce faire, le site offre une formation à l’Internet en 18 langues! Le site de l’ONG de développement des femmes Enda relie, lui, des groupes de femmes africaines francophones autour de thèmes tels que excision, santé, prostitution, contraception…. En France, le Conseil du Statut de la Femme agit contre les discriminations sexuelles.

Dans le domaine politique, Parité-Info , datant de 1997, avec le soutien de l’ « unité pour l’égalité des chances » (au sein de la Commission Européenne), accompagne le mouvement pour la parité des hommes et des femmes dans la vie publique et politique en Europe.

On ne peut passer à côté de quelques sites d’associations de femmes qui luttent pour leur émancipation dans les pays à régimes autoritaires. Ils représentent des mines d’informations et de témoignages : Des femmes du Pakistan (RAWA), d’Afghanistan (Pacawon), du Tibet (TWA), d’Afrique (ENDA-SYNFEV) ou enfin d’ex-Yougoslavie (E-mail des Electronic Witches) discutent des problèmes liés à leur condition de femmes dans leur pays respectifs. En outre, ces femmes abordent de front les thèmes de démocratie, liberté et, à ce titre, le site des Four Mothers est éclairant : il regroupe 4 femmes du nord d’Israël qui oeuvrent à leur manière pour la paix en communiquant avec des femmes du Liban.

2. Le cyberféminisme :

« Cyberfeminism as a philosophy has the potential to create a poetic, passionate, political identity and unity without relying on a logic and language of exclusion or appropriation. »
Nancy Paterson 1997, Cyberfeminism
http://www.public.asu.edu/~dmb333

Les associations féministes se sont rapidement développées sur le Web ; dans les pays anglo-saxon, les premiers sites sont apparus dès les débuts de l’Internet. C’est aujourd’hui un réseau international qui s’étend sur la toile on ne peut qu’être étonné(e) par sa grande diversité, son extrême richesse. Leur but est de lutter contre l’image trop sexuée de la femmes que l’on trouve sur le Web et dans la société d’aujourd’hui.
Il ne s’agit pas ici de faire une énumération des pages, d’autant qu’ils sont innombrables et qu’en visitant un de ces sites, on a à disposition des listes tout à fait exhaustives. Nous préférons de ce fait citer les incontournables et quelques sites moins connus. Je dois préciser qu’en naviguant sur certains moteurs de recherche, je suis tombée, en tapant ‘féminisme’, sur plus de sites anti- que pro-féministes!

Les sites féminites à portée de clicLes site français incontournables:

*Le site des Pénélopes reste un must. Il est destiné à relayer, diffuser l’information par et pour les femmes en liant réflexion et une création graphique admirable ; il est devenu LA référence française des sites féministes (voir commentaire infra):
www.mire.net/penelopes

*Un site très professionnel aussi mais moins féministe -quoique-, Internénettes regroupe des femmes travaillant dans les NTIC. Il y a des rubriques ‘boire’, ‘manger’ et ‘rire’ et elles n’hésitent pas à passer au crible les nouvelles, les évênements, les gens dans une perspective humoristique et critique. Une liste de sites perso et collectifs recense des créations originales, parfois introuvables ailleurs.
Imitées d’ailleurs par les Cyberchieuses:
www.cyberchieuses.com

*Des sites sont plus informatifs :
www.ducotedesfemmes.asso.fr répertorie ses sites féministes préférés
Planetfemmes est aussi un site informatif, mais il axe en outre son travail sur le décorticage -d’un point de vue de femme bien sûr- des sites sur le Web. Ainsi, une étude pertinente sur les propriétaires des sites féminins montre clairement que seuls deux sites français étaient faits PAR et pour les f@mmes…Les Internénettes et les Pénélopes. Tous les autres appartenaient à des hommes. Et aux rédactices d’en conclure : « seuls 2 sites sont féministes »…A bon entendeur…

*Du « vrai » au « virtuel » :
MixCité représente un mouvement féministe mixte pour l’égalité des sexes. L’organisation existe hors de la toile.
Les Chiennes de Garde sont aussi sur le Net! regroupant pas mal de ‘personnalités’, cette assoc’ lutte contre les insultes sexistes et la vision dégrandante de la femme dans notre société. Attention ! elles ne mordent pas que sur le Net et font des vagues… leur combat nous est conté.

*Le charme des sites perso :
Un site admirable, saisissant par son acuité et son franc-parler (voir les citations involontaires dans « textes engagés »!) :
www.chez.com/charlottem/
Le site plus rebel de Guillermito zone affiche dans une de ses pages un répertoire d’autres sites perso.
La Pie : ‘rapporte, colporte, raconte’… elle nous livre les info féministes au jour le jour

*Les sites féministes plus spécifiques:
Voix d’elles Rebelles, se bat pour les droits des femmes notamment les jeunes et les femmes issues de l’immigration,
Netfemmes.org aide la f@mme à s’emparer du Web par le biais de l’éducation et met à disposition un inventaire de listes de diffusion.
Citons enfin le très actif site du StudioXX. qui aide les femmes à faire valoir leurs créations artistiques, grâce à l’association des , et qui organise régulièrement des festivals d’art pour femmes.

Les grands sites anglophones:

Ils sont les plus nombreux, personne n’en doutera. Déjà bien ancrés dans la toile, les sites féministes anglophones revendiquent le ‘woman power’, abordent -légerement et sérieusement- tous les sujets et visent à améliorer la vie des f@mmes au quotidien. Ils ne laissent pas de surprendre…

*Le pionnier des sites féministes est un site australien :
http://www.geekgirl.com

*Les théories féministes en ligne :
www.cddc.vt.edu/feminism

*Bon nombre de sites proposent aux femmes de s’initier au Web et agissent contre le sexisme sur la toile et dans la réalité avec des moyens d’action variés :
www.guerrillagirl.com . Ce site des Guerrillagirls est original à maints égards. Anonymes, dans le sens où ces « guérilléras » revêtent un masque de gorille sur les photos, elles publient des posters, dont certains sont très connus (celui de 97 affichait ‘le Web est compsé de 84.5% d’hommes et de 82.3% de blancs. Jusqu’à maintenant’ ; celui de 99 s’oppose aux Oscars et dénonce la prédominance masculine dans l’art). Agitatrices résolues, leur revendications méritent d’être saluées d’un coup de chapeau car elles vont au coeur du problème.
Notons les « pissed-off women » de Los Angeles : www.powonline.org
On peut également nommer des sites moins « agressifs » dans leur approche :
Le gigantesque réseau des Webgrrls,
Fem+mass qui ont des idées bien campées tout de même,
www.feminist.com/home1.htm ,
www.womenswire.com (on y trouve de tout mais il reste très focalisé sur les USA),
www.feminist.org

*Un forum pour femmes:
www.wwwomen.com

*des news groupes féminins :
alt.feminism, alt.women.attitudes, uk.org.women-in-comp, alt.women.supremacy

*Très utile : http://www.femina.com, véritable annuaire de sites consacrés aux femmes, un Yahoo pour femmes! 🙂

Et ça bouge partout ailleurs :

*En Belgique : http://www.belgique.be
*En allemagne : http://www.uni-bielefeld.de/IFF/fraueninfonetz au Web, citoyenne!
*En Italie : http: //labveneziana.tol.it/~cyber/infoperla
*En Autriche : http://www.onb.ac.at/ariandne.htm

*Pour les femmes musulmanes au moyen-Orient, région Afrique
http://www.baobab.com.ng

*En Afrique, le site www.impactafrica.org est un site de réflexion, cherchant à développer Internet chez les femmes africaines pour les ouvrir sur le monde.

*Pour terminer, des initiative Ô combien encourageantes :
Celle du réseau européen des hommes pro-féministes, luttant contre le patriarcat sur le réseau! Si si! :
www.menprofeminist.org
Tout un ensemble de sites d’hommes rejetant la violence dans le couple, la discrimination, la pornographie, soutiennent les féministes :
les ‘Meninists’, les Men against violence, against pornography, Men for Change ou MensNet

Le Web comme réappropriation du savoir, de l’histoire

C’est par cette citation que le National Women History Project ouvre son site. En effet, les ouvrages féministes ne trouvent pas toujours preneurs dans le monde de l’édition, sont difficiles à trouver et ont parfois des éditions limitées. L’espace Internet permet à des bibliothèques de se spécialiser dans cette sorte d’ouvrages, à des éditeurs ou particuliers de rééditer des livres épuisés, de les vendre dans le monde entier et de faire de la publicité pour de nouveaux venus. Le Web représente donc une manne pour des études dans une perspective de genre (gender studies). Les sites proposant des ouvrages féministes sont encore une fois bien plus nombreux dans les pays anglo-saxons, puisque ce domaine de recherche est assez peu développé dans des pays comme la France…voire quasi inexistant.

Il existe donc des bibliothèques parfois très fournies ( www.uky.edu/Librairies/avws.html ), des librairies on-line (Artémis) ou encore des maisons d’éditions (celles des Editions des femmes a toujours historiquement soutenu la cause féministe et se retrouve sur le Web pour faire la promotion on-line des ouvrages anciens et nouveaux). Le site québecois ClicNet, culturel et littéraire propose une liste exhaustive de textes en français sur la condition féminine. Women in America, relate l’histoire des femmes de 1820 à 1942. On peut se référer au centre américain d’études des femmes et de la politique pour des études de genre en sociologie, politique, histoire (http://www.rci.rutgers.edu/~cawp/ ). Les pages de 4000 years of Women in Science retracent les circonstances historiques de la présence des femmes dans les sciences. Voir page annexe ‘en image’

On peut, par ailleurs, trouver des sites biographiques sur de grandes féministes dans l’histoire comme, évidemment, Simone de Beauvoir, mais aussi d’Olympe de Gouges (18e) ou encore Mme de Graffigny (18e)… Il suffit de surfer un peu…

on dit que les femmes BAVARDENT Des exemples prouvent qu’une mobilisation virtuelle peut porter ses fruits, même hors de la toile. Le site Women Leaders Online (WLO), outre ses activités traditionnelles, se livre à un véritable combat féministe par le biais de la toile. Par exemple, il a lancé une offensive l’an dernier contre le show radiophonique de Rush Limbaugh. Ce dernier était financé par Amazon.com alors que le présentateur était ouvertement anti-féministe (il les avait traitées de ‘feminazis’…). Le 15 mars 1999, les membres de WLO sont appelé(e)s à écrire à Amazon afin de jouer clairement du chantage. ‘Nous, femmes, achetons vos livres, nous sommes des clientes non négligeables, veuillez arrêter le financement d’un tel show’. Après un lobbying intense, Amazon décide le 18 avril de stopper son financement! Leur nouveau combat porte désormais sur le refus de la chaîne de magasins Wal-Mart de commercialiser des pilules contraceptives du lendemain alors qu’elle accepte de mettre sur le marché des armes et du Viagra (les deux symboles du machisme selon elles)…les membres reçoivent, de ce fait, des instructions pour convaincre Wal-Mart : ‘j’ai acheté des pilules dans un autre magasin des pilules puisque vous n’en vendez pas, pourtant vous vendez du Viagra…vous allez perdre des clientes…’ Judicieuses car réalistes, les activistes américaines jouent avec les failles du système. Elles ont un pouvoir d’achat consistant, alors, elles ont les moyens de se défendre. Aux USA, the National Organisation of Women (NOW) encourage des candidat(e)s féministes à se présenter aux postes fédéraux et sénatoriaux, jouant de leur influence, en tant que groupe de pression anciennement implanté dans le pays.

Etant donné que sur le Web on trouve de tout, penchons-nous aussi sur les sites anti-féministes (il faut y aller pour apprécier la finesse des propos et la détermination de détracteurs du féminisme : « ceux qui critiquent les femmes sont aussitôt taxés d’anti-féministes donc pourquoi hésiter à se revendiquer anti-féministe? » comme celui-ci (cliquez!). Il arguera qu’il a une bibliographie originale pour appuyer ses dires). Certains vont plus loin et affichent leur dégoût pour la gente féminine ( j’en ai déniché un, nommé misogyny unlimited !….). Afin de pouvoir éviter certains écueils du Web, Brillo a crée une hitlist qui répertorie les sites à ne pas visiter, dans le genre du site des femmes pour l’unité … de la race aryenne (:-[ , ou STRAIGHT, c’est-à-dire « Society To Remove All Immoral Homosexual Trash », ou encore backlash proposant d’éradiquer les discours « vagino-élitistes ». Les sites vraiment dangereux (il faut parfois le voir pour le croire) sont listés dans des organisations non-gouvernemantales dans le genre de hatewatch.org.

Pourquoi s’intéresser au Web plus spécifiquement? Après tout, ce n’est qu’un support au même titre que les journaux, le télévision voire le cinéma, non? Certes, mais le Web n’est pas un moyen d’information comme les autres et c’est tant mieux pour les femmes.

La prise du web…par les femmes

A ce sujet, je vous renvoie au site des Pénélopes, où, dans la rubrique « actus » (mouveaux média et internet au féminin), on peut trouver bon nombre d’articles sur le thème des femmes des nouvelles technologies ; notamment un article de réflexion de Joëlle Palmieri, responsable de cette organisation. « Plus les femmes seront présentes sur le Net, plus elles le seront dans les média », nous dit-elle. C’est dire l’importance que les femmes attachent à la prise de possession du Web. De plus, J. Palmieri ajoute qu’ « Internet représente un concept média radicalement différent des média traditionnels : il est horizontal (désynchronisation, déspatialisation) et transversal. Cela concrétise l’échange, le facilite, le rend plus rapide. Il traverse tous les domaines politiques, économiques et sociaux.
De ce fait, ce concept rejoint ce qui caractérise les organisations des femmes : solidarité, échanges d’expérience, analyse féministe des sociétés partiarcales et de leur conséquences sur la vie quotidienne. » Enfin, elle précise qu’Internet reste un enjeu majeur pour les jeunes filles non seulement en terme d’emplois mais aussi pour l’ouverture au monde, puisqu’il est par nature international. Nombre d’études concernant les propriétés de l’Internet se réfèrent à ces qualités, à savoir son aspect international, son absence de hiérarchie et la non-discrimination qu’il permet -une fois que l’on a accès à un ordinateur tout de même. Puique les femmes, féministes, n’ont pas tribune dans la presse traditionnelle, hormis les chiennes de garde …qui regroupent des personnalités connues, elles se lancent dans le Net et s’adaptent à sa forme de langage. Néanmoins, pour aller de l’avant, J. Palmieri voit en l’Internet « une arme » car il offre le pouvoir de l’information et de sa circulation. On peut aussi s’organiser, s’allier…l’union fait la force.
Il est intéressant, par ailleurs, de noter que le cyberféminisme fait l’objet d’études de plus en plus nombreuses sur le Web. J’ai relevé deux sites qui, eux-mêmes, renvoient à diverses références. Le site de R. Bradotti parle du cyberféminisme en terme de post-modernité (voir les thèses d’Ingleheart). Le second site nous rappelle justement en introduction que c’est une femme qui a inventé le premier programme pour ordinateur. Il entre ensuite dans une analyse détaillé de ce nouveau phénomène qui conduit à un retour des femmes sur le devant de la scène et à un façonnage progressif de ce médium à leur image.
Le site des Pénélopes est à bien des égards représentatif de la montée des sites féministes -très pro d’ailleurs- qui ont su, s’approprier les NTIC. Par le truchement de l’interactivité, elles peuvent renvoyer à des librairies, bibliothèques, sites féministes peu connus. De même, grâce à leur multiples connections dans le monde, elles recueillent des info inédites que les journalistes viennent ensuite consulter. De même, elles peuvent faire circuler des info relatives au genre non diffusées par les canaux médiatiques ordinaires. On ne s’étonnera pas alors que les interviews se soient mutlipliées depuis la création du site. Ce dernier transmet même aujourd’hui un WebCam Program, ou émission interactive sollicitée par CanalWeb (tous les mercredis soirs dès 19H30). Les Pénélopes comptent ainsi modifier l’image de la femme dans les média, en tant qu' »actrice » (réalisatrices, conceptrices..), « sujet » (violences, travail…) et « public ».

Autre perspective à trouver dans les chroniques de Cybérie , le site Intérieur Nuit qui interroge 2 femmes aux prises avec les NTIC. L’une travaille à Amazone, l’autre gère un portefeuille professionnel pour Agfa chez Compuserve. Ces 2 pro nous révèlent comment les femmes appréhendent le Net quand elles veulent autre chose que des fringues, des bijoux ou des conseils de psy. Elles s’attachent avant tout à s’occuper plus de la création de contenu sur les réseaux, là où les hommes dominent. Les ‘facilités’ de communication que livre Internet (plus rapide, moins onéreux, plus ouvert) leur laisse cette chance. Le seuil d’accès à la communication est en outre abaissé : les dialogues sont plus directs, détendus ce qui permet aux femmes de toutes catégories sociales de devenir visible, de parler au monde entier…rappelons qu’elles sont généralement moins scolarisées que les hommes.

L’Internet transforme les modes de d’actions collectives

En dernier lieu, une thèse soutenue par un doctorant de l’Institut Français de Presse, F. Granjon, travaillant sur ‘l’appropriation ‘militante’ -dans notre cas féministe- d’Internet en contexte associatif’ recoupe et enrichit les analyses précédentes. Le texte démontre que les associations relevant de l’engagement distancié appellent à des formes de fonctionnement plus flexibles dont Internet pourrait fournir les bases et permettrait une amélioraton des performances associatives au niveau de la concertation, de la décision, de l’organisation du travail. (jusque-là ; on ne vous surprend pas). De surcroît, « l’appropriation de ces nouvelles technologies numériques serait susceptible de servir, renforcer, supporter et objectiver cet engagement distancié ». Ce nouvel outil induirait par conséquent l’évolution des modes d’actions collectives ainsi que des formes de sociabilité qu’il implique. Selon J. Palmieri, ces transformations conviennent aux mouvements féministes.

Il y a donc une subtile interaction entre la façon dont les mouvements de femmes modèlent le Web et la façon dont le Net influence les organisations militantes des femmes.

Ainsi, il faut qu’Internet ressemble aux femmes et que les femmes s’adaptent à ce nouveau médium : tel est l’adage. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de » faire évoluer une technologie capables de transformer la société en profondeur », déclare Mme Sherry Turkle, professeur de sociologie des sciences au MIT. Selon elle, la cyberculture est encore dominée par des hommes : « les hommes ont imposé un style dur, abstrait. L’approche « douce » était tenue pour inférieure. Donc, les femmes qui utilisaient leur compétences « douces butaient sur un véritable tabou culturel ». La situation change aujourd’hui puisque les femmes recourent de plus en plus au Web. Les hommes n’ont qu’à bien se tenir.

Actualités

Octobre et Novembre 2005
Le collectif femmes de Périgueux SOS Femmes Dordogne se mobilise et interpelle les parlementaires.
La campagne menée depuis octobre 2005 par la Fédération Nationale Solidarité Femmes – Paris – a été relayée par les associations adhérentes, dont la nôtre, auprès des députés et sénateurs pour l’inscription à l’ordre du jour à l’assemblée nationale de la proposition d’une loi cadre contre les violences conjugales.

Les quatre sénateurs ainsi que les deux députés du département de la Dordogne ont donc été interpellés.
Tous ont répondu, certains nous ont reçus, sauf un ! Nous n’osons pas croire que la problématique des violences conjugales ne l’intéresse pas ! ! !

Le 18 novembre 2005,
Conférence de presse au Centre de la Communication de Périgueux

Le 18 novembre, à quelques jours de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, l’association a tenu sous la présidence de Gatienne DOAT, une conférence de presse à laquelle étaient invités, outre la presse écrite, parlée et télévisée du département :
– Le parquet : Monsieur BELLANGER, procureur de la république
Ainsi que Madame DE FRITCH, substitut du procureur chargée des violences.
– La D.D.A.S.S.
– La D.D.S.P.
– La police : Monsieur DUSSEL, DDSP de la Dordogne s’est fait représenté
– Maître ALJOUBAÏ, avocat au barreau de Périgueux
Il a été souligné l’importance d’une loi cadre sur les violences conjugales et les éléments qu’implique une protection authentique tant des femmes que des enfants :
– Formation de spécialiste
– Cohérence entre civil et pénal
– Mesures curatives contre les auteurs de violences
– Nouveaux moyens associatifs

À l’issue de cette conférence, le spot de sensibilisation diffusé sur les antennes nationales à compter du 21 novembre 2005 a été présenté en avant-première. Ce spot a passablement déçu les intervenants.
Pas si facile de faire passer le message !

Décembre 2005
Nos différentes interventions ont sans aucun doute contribué à ce que la proposition de loi soit inscrite à l’ordre du jour le 13 décembre 2005, à l’assemblée nationale.
La proposition de loi COURTEAU ( sénateur de l’Aude, auteur de la proposition de loi, appartenance PS) votée par le Sénat à l’unanimité en mars, est donc réexaminée ce jour là. Le rapporteur est Monsieur GEOFFROY député de Seine et Marne.
Au niveau national une vingtaine de députés et sénateurs ont répondu favorablement. (Doit-on dire : seulement ? alors que la Dordogne en compte 5 ! Nous nous félicitons de cet excellent partenariat).

Janvier 2006
La loi sur les violences faites aux femmes (suite)

Les discussions sur la loi contre les violences faites aux femmes ont eu lieu en première lecture à l’assemblée nationale les 13 & 15 décembre 2005.
La deuxième lecture au Sénat aura lieu le 24 janvier prochain.
Nous nous retrouverons pour une synthèse.

Une chose est certaine, nous nous élevons très fort contre les propositions de Madame VAUTRIN (Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité) qui préconise la médiation pénale ( 1 fois ! ) et l’accueil des femmes victimes de dans des familles d’accueil, rémunérées ! ! !
Doit –on être mise sous tutelle parce qu’on est victime de violences conjugales ?
D’autre part, nos centre spécialisés et professionnels réclament depuis des années plus de moyens financiers pour survivre, sans résultat et tout à coup, il y aurait de l’argent pour payer des familles d’accueil.
A mais oui, suis-je bête ? Les violences conjugales ont toujours été de compétences ETAT.
Et la ligne budgétaire proposée pour les familles d’accueil est de compétence DEPARTEMENT !

Serait ce là un bon moyen pour l’état de se désengager financièrement de cette problématique ?
L’avenir nous le dira, en tous cas nous restons vigilantes et mobilisées au niveau national et départemental.

Prendre note de la jurisprudence

Les interprétations de la violence sexuelle utilisée en droit international sont fondamentales pour l’activisme global des droits humains des femmes. La jurisprudence du Tribunal de l’ex Yougoslavie a eu des implications nationales pour les corps judiciaires, telle que sa magistrature. L’affaire Foca11 avait confirmé que  » les formes de pénétration sexuelle forcée perpétrée sur des femmes dans le but de les interroger, les punir ou exercer de la coercition constitue la torture, et l’accès sexuel aux femmes, exercé comme le droit de propriété, constitue une forme d’esclavage sous les crimes contre l’humanité. « 12 Suivant cette ligne de jurisprudence, ce même tribunal a déclaré Kumarac, Kovac et Vukovic coupables de torture et de viol, qui étaient reconnus comme crimes contre les lois et coutumes internationaux applicables aux conflits armés, et à la torture. Le viol et l’esclavage étaient classés comme crimes contre l’humanité.

Dans l’affaire Kunarac, la Chambre d’appel avait confirmé le jugement de la Chambre d’accusation.13

La chambre d’accusation avait considéré la question de principe dans cette affaire comme étant la pratique de l’esclavage à travers l’exploitation des femmes et des filles. Les actes extrêmes et répétés de violence sexuelle étaient l’exercice le plus évident du pouvoir militaire et/ou de la possession.14 Selon la Chambre d’accusation, pour définir une forme d’esclavage, les facteurs et les indices de l’esclavage doivent être en compte, tels que :

 » Le contrôle du mouvement de quelqu’un, le contrôle de l’environnement physique, le contrôle psychologique, les mesures prises pour empêcher ou décourager l’évasion, la force, la menace de faire usage de la force et de la contrainte, l’affirmation de l’exclusivité, l’assujettissement au traitement cruel et à l’abus, le contrôle de la sexualité et le travail forcé. « 15

En ce qui concerne la nature sexuelle de l’esclavage, les Statuts de la CPI affirment que l’auteur, en plus de l’exercice du droit de propriété sur une ou plusieurs personnes, doit également avoir violé la personne ou les personnes dans un ou plusieurs actes de nature sexuelle. La Chambre avait statué qu’une nette absence de consentement pour une activité sexuelle pouvait être prouvée même s’il n’existait aucune preuve que la force a été employée. Une exigence stricte de la force ou de la menace dans les cas de viol pouvait permettre aux auteurs d’échapper à leur responsabilité pour des crimes sexuels commis sans force physique mais dans des conditions de contrainte, par exemple, le viol en détention. De même, dans certains cas de viol domestique, il n’est pas nécessaire d’utiliser des armes ou la force physique pour démontrer la force telle que requise pour prouver le crime. Par exemple, une menace pouvait servir comme un indicateur de force d’autant qu’il existe une possibilité bien fondée que l’auteur agira sur cette menace.16

La Chambre d’appel avait également conclu que:

L’actus reus du crime de viol en droit international est constitué par : la pénétration sexuelle, insignifiante soit-elle : (a) du vagin ou de l’anus de la victime par le pénis de l’auteur ou tout autre objet utilisé par l’auteur ; ou (b) la bouche de la victime par le pénis de l’auteur ; là où une telle pénétration sexuelle se produit sans le consentement de la victime. Le consentement à cette fin doit être donné volontairement, comme résultat de la libre volonté de la victime, estimée dans le contexte des circonstances qui l’entourent. Le mens rea est l’intention d’effectuer cette pénétration sexuelle, et la connaissance que cela se produit sans le consentement de la victime. »17
Les statuts de la Cour avaient introduit la plupart de ces éléments dans sa définition du viol. Ils avaient employé le terme plus large d' » invasion  » plutôt que  » pénétration. « 18 Invasion comporte non seulement la pénétration d’un organe sexuel, mais également n’importe quel genre d’abus sexuel perpétré avec des objets ou différentes parties du corps. Le sens élargi de cette définition est crucial pour le plaidoyer en ce qui concerne la législation latino américaine où le viol est encore défini comme  » accès charnel « , le réduisant à la pénétration vaginale par l’organe sexuel mâle.

Le viol comme un acte de torture

La Chambre d’appel avait considéré que la torture  » est constituée par un acte ou une omission qui engendre ‘une douleur ou une souffrance grave, soit physique soit morale.’ Il n’y a pas d’autres exigences spécifiques. Ceci permet une classification exhaustive et une énumération d’actes reconnus comme torture. La jurisprudence existante n’a pas déterminé le degré absolu de douleur requis pour qu’un acte équivaille à une torture. « 19 La Chambre d’accusation était allée plus loin et considère la souffrance comme une réalité ceci sans l’appui d’un certificat médical ; établissant de cette façon que la violence sexuelle créait une douleur et une souffrance sérieuse, qu’elle soit physique ou mentale. C’est, une fois le viol prouvé que la torture est également prouvée, parce que le viol comporte nécessairement cette douleur et cette souffrance. C’est de cette façon que la Chambre a justifié la caractérisation du viol comme un acte de torture.20

La définition de la torture comme crime de guerre ou crime contre l’humanité dans le Statut de Rome diffère de ce que contient la Convention contre la torture et autres traitements ou châtiments cruels, inhumains ou dégradants (CCT), dès lors qu’il n’est pas requis que la torture soit commise pour une raison particulière, tel que pour extorquer un aveu, ou qu’elle soit commise par un agent public. La torture peut être, plutôt, commise par les auteurs non officiels, un phénomène qui affecte les femmes de façon disproportionnelle. Cette interprétation pourrait offrir une ouverture dans les tribunaux nationaux à travers l’affirmation selon laquelle d’autres genres d’acte de violence commis à l’égard des femmes, comme la violence domestique ou l’inceste, constituent également une torture.

Cette jurisprudence et la mise en œuvre judiciaire des statuts de la Cour ont des implications utiles pour nos systèmes juridiques au plan de la substance et de la procédure. L’affaire Kunarac clarifie non seulement les concepts juridiques tels que le consentement, la force ou la menace de la force, les diverses formes de contrôle, elle sert également d’exemple que cette interprétation peut être étendu en ce qui concerne la violence sexuelle et sexospécifique à l’égard des femmes. Elles peuvent être utiles si elles sont incorporées dans chacun de nos systèmes juridiques respectifs. Adopter des définitions qui reflètent les critères les plus élevés du droit international, soit des Statuts de la CPI soit des autres instruments internationaux, ainsi que l’utilisation de la CPI elle-même peut se révéler stratégique pour le renforcement et la modernisation de la législation pénale de l’Etat. Les efforts dans cette direction pourraient être particulièrement efficace pour les états qui ont signé le Statut de Rome.

Le Statut mettent également à la disposition du groupe des victimes et des témoins, un greffier de la Cour pour conseiller et assister le Procureur et la Cour en ce qui concerne les mesures adéquates de protection et de sécurité, surtout lorsque les témoins pourraient être en danger suite à leur témoignage. D’ailleurs, il est extrêmement important que le groupe contienne parmi le personnel, des experts en traumatologie dans le domaine de la violence sexuelle.

Pour garantir les poursuites judiciaires des crimes sexuels, la protection et la participation des victimes, que fournissent les statuts pour une représentation équilibré des juges, comprenant aussi bien les hommes et les femmes, et des juristes spécialisés en matière de violence à l’égard des femmes et des enfants (art.36). D’ailleurs, la CPI a sept juges femmes originaires de différentes régions. Le Procureur a le pouvoir de nommer des conseillers spéciaux sur les questions telle que la violence sexuelle, la violence basée sur le genre et la violence à l’égard des enfants, et le secrétaire de la Cour a l’option de recruter un personnel spécial pour s’occuper des victimes de traumatisme dû à la violence sexuelle. Non seulement la violence sexuelle fait l’objet d’une enquête sérieuse, mais les victimes sont traitées en conséquent, sur la base de leurs besoins individuels, ce qui est rare au niveau national.

La promesse de la CPI

Pour que le Statut de Rome soit transformatif, les états parties qui l’ont ratifié doivent adopter des mesures législatives nationales en coopérant pleinement avec la Cour. Les avantages de la mise en œuvre nationale sont doubles : pour les états parties à coopérer avec la Cour, et pour la juridiction locale de s’exercer sur les crimes pour lesquels la Cour a une juridiction complémentaire. Dans le premier cas, étant donné que la Cour ne dispose pas d’une police ou de prisons, elle s’appuie sur les organes nationaux pour les services et les installations d’application de la loi, rendant nécessaire l’adoption par chaque état de la législation qui criminalise tous les efforts tendant à gêner l’administration de la justice de la CPI, à travers l’obtention des preuves, l’exécution des mandats de recherche, rechercher, confisquer, arrêter et obliger les personnes à se rendre, les immunités pour les fonctionnaires de la CPI, et des dispositions relatives aux sentences et leur application.

Deuxièmement, étant donné le caractère complémentaire de la CPI, les états auront la responsabilité primordiale d’enquêter et de juger les crimes présumés définis comme exposés dans les statuts de Rome. En exerçant la complémentarité, les états parties légifèrent sur la responsabilité de commander, la responsabilité pénale individuelle, l’exécution des sentences, les immunités, et les définissent dans leur législation intérieure sous la juridiction complémentaire de la CPI.

La CPI a le potentiel de contribuer à la création d’un état de droit transformatif qui offre la justice à des milliers de victimes de crimes commis dans le monde. Potentiellement, elle peut encourager le dialogue porno, la tolérance, la solidarité et le développement de la culture de paix et de respect des droits humains. La responsabilité de sa mise en œuvre incombe à chacune d’entre nous et à tout le monde.

La Cour pénale internationale : une opportunité pour les femmes

Les statuts de la CPI couramment appelés les statuts de Rome (Rome étant le lieu où ils furent signés) sont un instrument juridiquement contraignant pour les Etats parties. Ils contiennent des opportunités juridiques, politiques et symboliques qui peuvent faire avancer les droits humains des femmes.

Le 23 juin de cette année, le Bureau du Procureur, dirigé par Dr. Luis Moreno Ocampo, annonçait le début des investigations formelles par la CPI dans le cas de la République Démocratique du Congo (RDC). Le cabinet du Procureur enquêtera sur les crimes sous la juridiction de la CPI, crimes commis sur le territoire de la RDC depuis le 1er juillet, 2002 (la date à laquelle les statuts de Rome étaient entrés en vigueur). Les rapports soumis à la Cour attirent l’attention pour la plupart sur le viol, la torture, le déplacement forcé et le recrutement illégal des enfants soldats en RDC. Le conflit armé entre les tribus rivales a eu pour résultat la mort d’au moins 6 millions de civils depuis les années 1999. La plupart de ces morts procèdent des assassinats de masse et des exécutions sommaires amorcés en 2002. Après de nouvelles éruptions de violence en mai de cette année, trente et un mille personnes supplémentaires ont abandonné leurs maisons pour se réfugier au Burundi.1

Dans ce cas, en utilisant les statuts de Rome, les crimes contre les femmes doivent être jugés et poursuivis avec toute la rigueur de la loi. Cela créé un précédent en matière d’investigation de la CPI et donnera dorénavant un avertissement quant au poids donné au viol et à la violence sexuelle aux situations de guerre.

Pourquoi la CPI a t-elle de l’importance ?

La création et la mise en œuvre de la C sont un pas politico juridique important dans les efforts de la communauté internationale pour mettre un terme à l’impunité au niveau mondial. Elle offre une opportunité de conduire les systèmes juridiques nationaux vers une justice sexospécifique et le respect des droits humains. Cet instrument juridique codifie l’enquête et les poursuites contre les crimes de genre à l’égard des femmes; il établit le droit des victimes à la protection et à la participation à certains stades du processus; et il reconnaît leur droit à la restitution, à la compensation et à la réhabilitation. Peut-être les statuts de Rome créé surtout un nouveau modèle de justice en droit international qui symbolise la construction de la paix, plutôt que la sanction de la guerre.

Pour leur propre convenance, de nombreux états n’ont pas ratifié la CPI. Les États-Unis, par exemple, étaient même allés jusqu’à menacer de retirer leur assistance militaire aux états qui ratifieront la CPI sans signer un accord bilatéral (avec les États-Unis) les obligeant à ne pas extrader les citoyens américains devant la Cour.2 Pour contrer le pouvoir politique et économique des pays qui n’ont pas ratifié les statuts de Rome, les états doivent par conséquent incorporer les normes du droit pénal international dans les systèmes juridiques nationaux.

L’incapacité de nos corps législatifs à adopter ces critères menace le principe de la complémentarité3 et nous abandonne entre les mains d’une justice nationale souvent sexiste. Une stratégie clef pour influencer le droit national sur ces questions consiste également à plaider en faveur des mesures internes qui incorporent la reconnaissance progressive de la participation et les procédés de protection des victimes de la CPI, ainsi que les crimes sexuels et sexospécifiques tels que exposés par les statuts de Rome.

Crimes sexuels et sexospécifiques

Le 17 juillet 1998, les statuts de Rome ont fait de grands progrès en codifiant le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée et d’autres formes de violence sexuelle qui sont des infractions de la Convention de Genève en tant que crimes de guerre (Article 8). Ces crimes et abus sexuels étaient aussi en fin de compte reconnus comme crimes contre l’humanité dans les statuts (Article 7). Par conséquent, les violences sexuelles et sexospécifiques sont considérées dorénavant comme aussi criminelles et sérieuses que l’homicide, la torture, le traitement inhumain , la mutilation, l’esclavage, etc.

Le résultat en est que, le statut redéfinis la manière dont le droit interprète les  » nouveaux  » crimes à l’égard des femmes.4 Par exemple, la plupart des crimes énumérés sous les statuts de Rome n’étaient pas spécifiquement reconnus par les Tribunaux militaires de Nuremberg et de Tokyo en 1945-46.5 La loi n° 10 du Conseil local, qui réglementait les procès de deuxième degré Nazis, reconnaissait le viol comme un crime contre l’humanité. Pourtant, personne n’a été poursuivi pour viol. Le tribunal de Tokyo avait utilisé la preuve du viol pour étayer d’autres accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité depuis que le viol, en une accusation, était reconnu comme une sérieuse violation des lois et des coutumes applicables dans des conflits armés internationaux.6

Dans les statuts des tribunaux pénaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda (1993 et 1995), le viol était considéré comme un crime beaucoup plus important que simplement sérieux7 ou qu’une violation des lois ou coutumes de guerre. Au lieu de cela il était reconnu comme crime contre l’humanité.8

Cependant, à travers la jurisprudence de ces tribunaux comme conséquence de la pression du mouvement des droits des femmes, des femmes juges et des procureurs sensibles au genre, le viol et les autres formes de violence sexuelle ou basée sur le genre ont été juridiquement reconnus comme les crimes majeurs les plus sérieux (Bedont et Hall-Martinez, 1999). En 1998, il était établi dans l’affaire Akayesu (Rwanda) où le viol et la mutilation sexuelle des femmes Tutsi étaient considéré comme une forme de génocide et, où le viol était défini comme  » une invasion physique de nature sexuelle, commise dans des circonstances de contrainte. « 9

En effet, la Chambre d’accusation dans l’affaire Akayesu avait déclaré que le viol utilisé comme méthode pour détruire, ou pour provoquer des dommages physiques ou mentaux à un groupe ou des membres d’un groupe, il constituait le génocide. De même, elle a décidé que le viol peut être employé comme méthode pour empêcher un accouchement dans le dit groupe. Par exemple, là où l’ethnicité est déterminé par le père, violer des femmes dans l’intention de les mettre enceinte pour les empêcher de donner naissance à un bébé qui partage leur ethnicité.

 

 

 

LES LITTÉRATURES DE L’IMAGINAIRE EN FRANCE

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Cet article a été composé en 2000 pour l’ancienne version de Folioctet où les sites consacrés aux littératures de l’imaginaire étaient séparées des autres. J’ai changé depuis l’organisation du site, mais les questions que je soulève n’ont pas eu énormément de réponse depuis, elles persistent en moi. Pourquoi la SF a-t-elle si mauvaise presse en France ? Depuis la collection Présence du futur a cessé de paraître, ce que certains ont appelé l’âge d’or de la SF française est mort dans l’oeuf, les Ligny, les Lehmann sont retombés dans l’anonymat des petits cercles. Dommage.

Si je suis un grand amateur de ces littératures dites de l’imaginaire, créer une rubrique spécialement pour elles m’attriste. J’aurais tellement apprécié pouvoir placer cote à cote des auteurs tels que Dan Simmons et Shakespeare, Brussolo et Baudelaire. Mais  voilà ! les esprits français ne sont pas encore prêts (le seront-ils un jour ?) à reconnaitre une véritable place dans le panthéon littéraire pour les écrivains de littératures de loisir. En fait un progrès s’est fait sentir depuis quelques années avec des auteurs qui n’ont pas peur de transgresser les limites des genres : quelqu’un comme Dantec par exemple qui mêle à merveille le polar à l’anticipation et au roman d’aventures.

Je voudrais apporter ma contribution à la défense de ces littératures. Beaucoup d’autres l’ont fait. Je conseille d’ailleurs à tous la lecture de la préface de Serge Lehmann à l’anthologie Escales sur l’horizon, éditée chez Fleuve noir. C’est certainement la meilleure défense française pour la littérature science-fictionnesque.

Tout d’abord le terme de littérature de loisir. En quoi le loisir serait-il dégradant ? Pourquoi le negotium devrait toujours prendre le pas sur l’otium ? Je m’interroge. De grands auteurs de la grande littérature française n’ont-ils pas concilié le plaisir à l’éducation et à la réflexion du lecteur ? Je prends pour exemple La Fontaine, un auteur reconnu par tous. Ses Fables video porno n’étaient-elles pas destinées à l’éducation du Dauphin ? pourtant l’emploi de personnages animaliers étaient là évidemment pour alléger le propos, pour plaire, pour amuser. Il le dit lui-même :

« contons, mais contons bien ; c’est le point principal, C’est tout »

La littérature c’est l’art de raconter des histoires. Si l’on part de ce principe, pourquoi les auteurs de SF sont-ils exclus du temple ? Serait-ce parce qu’ils ne content pas bien ?

C’est un argument souvent employé par les opposants aux littératures populaires. Parlons en des littératures populaires, encore un terme dépréciatif. Populaire, cela signifie-t-il que cela plait au peuple et que par conséquent que sa valeur est moindre parce que trop facilement accessible ? Et Molière, et La Fontaine et Hugo ? Ces auteurs sont parmi les plus populaires, cependant l’Intelligensia littéraire n’y voit rien à redire. Serait-ce seulement parce que ces auteurs sont morts ? J’en ai bien l’impression. Parce que cette élite oublie un mot d’ordre qui est celui de la plupart des grands écrivains considérés comme tels, celui de l’universalité. L’humanisme n’est pas un vain mot pour Rabelais, Voltaire, Hugo, … Les auteurs qui nous ont laissés leur nom sont souvent ceux qui adressaient les messages les plus universels, les plus aptes à être compris par tous les hommes. Les littératures de l’imaginaire sont souvent très loin de l’hermétisme de Mallarmé ou de celui du trobas clos. La complexité n’est pas toujours un gage de richesse, bien au contraire. Pour en revenir à l’accusation de médiocrité de style chez les auteurs de SF et de fantastique, le problème est le même. Qu’est-ce que le bon style ? Certainement une façon d’écrire rafinée, compliquée, soignée. Cette manière (ce tic) propre à l’élite intellectuelle d’aujourd’hui, celle qui revendique une tradition stylistique.

Ah la tradition ! C’est bien sur cela que les hommes de lettres d’aujourd’hui se fondent pour juger les oeuvres qui auraient rompues avec Sainte-Tradition. Pourtant faut-il leur donner un rapide cours d’histoire littéraire ? Depuis le XIXe siècle s’est opéré un mouvement puissant dans tous les arts et dans la littérature. Ce mouvement était une revendication à plus de liberté, à film porno moins de contraintes dans le style. Voyez Musset et ces pièces impossibles à mettre en scène. Voyez Rimbaud et ces poèmes en prose. Voyez l’avènement du vers libre. Voyez l’écriture automatique chez les surréalistes. Voyez l’intérêt de Vian ou de Queneau pour la Science-fiction américaine. Voyez la passion du Nouveau Roman pour le roman policier. Voyez la dissolution du sens chez Ionesco ou Beckett. En bref, prenez conscience que vos valeurs ne sont pas celles de vos prédecesseurs directs. Ou bien alors, reniez les et chantez haut et fort votre amour pour les littératures de copie, de norme, de règles, de la Renaissance et du Classicisme. Les règles n’ont plus à être imposées par une instance, par quelques uns, mais par ceux qui forment le milieu artistique qu’ils ont conçus.

Un autre reproche revient souvent, accouplé à un autre qui, si l’on y prend garde, dit l’inverse. On dit que les littératures de l’imaginaire ne font que répêter incessament les mêmes choses, que ces bouquins manquent d’originalité. D’un autre côté, on dit que ces auteurs écrivent beaucoup trop d’ouvrages pour être honnètes. D’après moi, si tant de livres sortent, c’est évidemment parce qu’il y a beaucoup à dire, c’est parce que les auteurs de SF, etc. ont de l’imagination. S’il y a beaucoup de bouquins inintéressants, ce n’est pas le propre des littératures de l’imaginaire. Cet argument est totalement stupide. Si nous nous penchons sur n’importe quelle époque de l’histoire littéraire nous nous apercevrons que le nombre d’ouvrages qui a traversé la postérité est ridiculement mince au regard du nombre de publications. Bien sûr aujourd’hui, les ouvrages édités sont plus nombreux, le fait est logique. Plus de classes sociales lisent aujourd’hui, les hommes sont plus nombreux, … Tout est affaire de conjoncture.

Si les écrivains de SF, etc. écrivent beaucoup, les raisons sont multiples. Premièrement, il faut l’avouer, c’est réellement ancré dans cette culture. Déjà à l’Age d’or de la SF (années 50 aux USA) les Van Vogt, les Asimov publiaient à tour de bras. Deuxièmement, le besoin pécuniaire est vraiment présent. Dans un pays comme la France, être écrivain de SF n’est pas rentable. Ceux qui vivent de leur plume sont à compter sur les doigts d’une main. Ce qui est d’ailleurs représentatif est que ceux qui font fortune se débarassent bien vite de l’étiquette SF. Bernard Werber en est un exemple frappant, ces histoires de fourmis sont pourtant de la littérature SF. Quelqu’un comme Dantec et ses Racines du Mal est un autre exemple. Son ouvrage entretient des rapports évidents avec le cyberpunk et l’anticipation, pourtant il parait dans la Série noire, parce que le roman policier (autre littérature de loisir) à meilleure presse. Allez comprendre. Un autre grand auteur français a quitté trop tôt le monde de la SF, c’est Serge Brussolo. C’est un réel auteur populaire, au sens noble du terme et, qui plus est, un être à l’intelligence débordante, qui déborde même sur les genres, puisque maintenant c’est dans le roman historique, le polar, ou dans la littéraure mainstream qu’il officie. S’il a abandonné (en partie) le monde de la SF, c’est, semble-t-il, en raison du mauvais esprit qui règne parmi les éditeurs et les écrivains de SF en France. Comme quoi, tout n’est pas rose, même les petits s’entretuent…

Les auteurs de SF écrivent beaucoup. Certes. Ignore-t-on que quelqu’un comme Hugo a composé plus de cent vingt ouvrages ? Qui accuserait Proust d’avoir écrit un roman fleuve, trop long ?

En fait, il serait vain et trop long de continuer cet inventaire. Ce que je veux démontrer est simple : tout ce que l’on peut reprocher à l’une ou l’autre des littératures de l’imaginaire pourrait l’être également à telle ou telle école littéraire qui s’est fait un nom.

Les universitaires, les premiers a plaider contre ces littératures, sont d’une hypocrisie déconcertante. Ils savent pourtant qu’on ne peut traiter un sujet qu’à partir du moment où on l’a défini : demandez à un professeur de fac de vous définir le concept de littérarité ! C’est l’un des terrains de recherche les plus importants de la narratologie, des noms illustres comme celui de Genette s’y sont penchés. Et tous s’y sont cassés les dents. Le concept de littérarité est caduc à ce jour. Sachez-le.

Lisez ce que vous désirez lire sans a priori inconsidéré, ne jugez pas ce que vous ne connaissez pas. Je puis certifier à ceux qui ignorent tout de la Science fiction qu’elle est loin de traiter seulement de batailles spatiales, et qu’elle parle dans un jargon compréhensible par le seul initié. Lisez Brussolo ou Silverberg, et vous verrez que la SF peut-être poétique. Lisez Dan Simmons, et vous verrez que la SF peut-être écrite dans un style d’une grande puissance. Lisez William Gibson, et vous verrez que la SF soulève des problèmes d’une grande actualité.

J’espère qu’un jour l’on pourra composer une encyclopédie littéraire qui placera les auteurs de toutes littératures à côté les uns des autres.

LA CAGE AUX OISEAUX

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Comme l’éminent humaniste Pierre Perret l’a chanté : « Les enfants si vous voyez un p’tit oiseau prisonnier, ouvrez lui la porte vers la liberté ! »

Ouvrons ce carcan qui retient nos imaginations, laissons s’envoler les volatiles obscurs qui végétent sous nos crânes. Tout ça pour dire que plus que jamais Folioctet a besoin de vous, de vos contributions, sous la forme d’articles, de textes ou simplement de commentaires sur les textes des autres.

C’est vous et personne d’autre porno qui êtes garants de la pérennité de ce site. L’utopie d’un internet libre et alternatif même si elle a souvent tout d’une chimère, repose sur des bases simples : interactivité, gratuité, et créativité.

Il faut abolir la frontière factice entre spectateurs et acteurs. Nous sommes les deux à la fois ! Alors n’hésitez plus si pour vous la littérature est un art susceptible de modifier notre perception du monde à défaut d’en révolutionner la nature, ce site est là pour vous videos porno permettre d’exprimer votre sensibilité, vos doutes et vos convictions !

Ce site est à moi, ce site est à vous !

Juju.

Les littératures de l’imaginaire en france

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Cet article a été composé en 2016 pour l’ancienne version de Folioctet où les sites consacrés aux littératures de l’imaginaire étaient séparées des autres. J’ai changé depuis l’organisation du site, mais les questions que je soulève n’ont pas eu énormément de réponse depuis, elles persistent en moi. Pourquoi la SF a-t-elle si mauvaise presse en France ? Depuis la collection Présence du futura cessé de paraître, ce que certains ont appelé l’âge d’or de la SF française est mort dans l’oeuf, les Ligny, les Lehmann sont retombés dans l’anonymat des petits cercles. Dommage.

Si je suis un grand amateur de ces littératures dites de l’imaginaire, créer une rubrique spécialement pour elles m’attriste. J’aurais tellement apprécié pouvoir placer cote à cote des auteurs tels que Dan Simmons et Shakespeare, Brussolo et Baudelaire. Mais voilà ! les esprits français ne sont pas encore prêts (le seront-ils un jour ?) à reconnaitre une véritable place dans le panthéon littéraire pour les écrivains de littératures de loisir. En fait un progrès s’est fait sentir depuis quelques années avec des auteurs qui n’ont pas peur de transgresser les limites des genres : quelqu’un comme Dantec par exemple qui mêle à merveille le polar à l’anticipation et au roman d’aventures.

Je voudrais apporter ma contribution à la défense de ces littératures. Beaucoup d’autres l’ont fait. Je conseille d’ailleurs à tous la lecture de la préface de Serge Lehmann à l’anthologie Escales sur l’horizon, éditée chez Fleuve noir. C’est certainement la meilleure défense française pour la littérature science-fictionnesque.

Tout d’abord le terme de littérature de loisir. En quoi le loisir serait-il dégradant ? Pourquoi le negotiumdevrait toujours prendre le pas sur l’otium ? Je m’interroge, porno. De grands auteurs de la grande littérature française n’ont-ils pas concilié le plaisir à l’éducation et à la réflexion du lecteur ? Je prends pour exemple La Fontaine, un auteur reconnu par tous. Ses Fables n’étaient-elles pas destinées à l’éducation du Dauphin ? pourtant l’emploi de personnages animaliers étaient là évidemment pour alléger le propos, pour plaire, pour amuser. Il le dit lui-même :

« contons, mais contons bien ; c’est le point principal, C’est tout »

La littérature c’est l’art de raconter des histoires. Si l’on part de ce principe, pourquoi les auteurs de SF sont-ils exclus du temple ? Serait-ce parce qu’ils ne content pas bien ?

C’est un argument souvent employé par les opposants aux littératures populaires. Parlons en des littératures populaires, encore un terme dépréciatif. Populaire, cela signifie-t-il que cela plait au peuple et que par conséquent que sa valeur est moindre parce que trop facilement accessible ? Et Molière, et La Fontaine et Hugo ? Ces auteurs sont parmi les plus populaires, cependant l’Intelligensia littéraire n’y voit rien à redire. Serait-ce seulement parce que ces auteurs sont morts ? J’en ai bien l’impression. Parce que cette élite oublie un mot d’ordre qui est celui de la plupart des grands écrivains considérés comme tels, celui de l’universalité. L’humanisme n’est pas un vain mot pour Rabelais, Voltaire, Hugo, … Les auteurs qui nous ont laissés leur nom sont souvent ceux qui adressaient les messages les plus universels, les plus aptes à être compris par tous les hommes. Les littératures de l’imaginaire sont souvent très loin de l’hermétisme de Mallarmé ou de celui du trobas clos. La complexité n’est pas toujours un gage de richesse, bien au contraire. Pour en revenir à l’accusation de médiocrité de style chez les auteurs de SF et de fantastique, le problème est le même. Qu’est-ce que le bon style ? Certainement une façon d’écrire rafinée, compliquée, soignée. Cette manière (ce tic) propre à l’élite intellectuelle d’aujourd’hui, celle qui revendique une tradition stylistique.

Ah la tradition ! C’est bien sur cela que les hommes de lettres d’aujourd’hui se fondent pour juger les oeuvres qui auraient rompues avec Sainte-Tradition. Pourtant faut-il leur donner un rapide cours d’histoire littéraire ? Depuis le XIXe siècle s’est opéré un mouvement puissant dans tous les arts et dans la littérature. Ce mouvement était une revendication à plus de liberté, à moins de contraintes dans le style. Voyez Musset et ces pièces impossibles à mettre en scène. Voyez Rimbaud et ces poèmes en prose. Voyez l’avènement du vers libre. Voyez l’écriture automatique chez les surréalistes. Voyez l’intérêt de Vian ou de Queneau pour la Science-fiction américaine. Voyez la passion du Nouveau Roman pour le sexo xxx. Voyez la dissolution du sens chez Ionesco ou Beckett. En bref, prenez conscience que vos valeurs ne sont pas celles de vos prédecesseurs directs. Ou bien alors, reniez les et chantez haut et fort votre amour pour les littératures de copie, de norme, de règles, de la Renaissance et du Classicisme. Les règles n’ont plus à être imposées par une instance, par quelques uns, mais par ceux qui forment le milieu artistique qu’ils ont conçus.

Un autre reproche revient souvent, accouplé à un autre qui, si l’on y prend garde, dit l’inverse. On dit que les littératures de l’imaginaire ne font que répêter incessament les mêmes choses, que ces bouquins manquent d’originalité. D’un autre côté, on dit que ces auteurs écrivent beaucoup trop d’ouvrages pour être honnètes. D’après moi, si tant de livres sortent, c’est évidemment parce qu’il y a beaucoup à dire, c’est parce que les auteurs de SF, etc. ont de l’imagination. S’il y a beaucoup de bouquins inintéressants, ce n’est pas le propre des littératures de l’imaginaire. Cet argument est totalement stupide. Si nous nous penchons sur n’importe quelle époque de l’histoire littéraire nous nous apercevrons que le nombre d’ouvrages qui a traversé la postérité est ridiculement mince au regard du nombre de publications. Bien sûr aujourd’hui, les ouvrages édités sont plus nombreux, le fait est logique. Plus de classes sociales lisent aujourd’hui, les hommes sont plus nombreux, … Tout est affaire de conjoncture.

Si les écrivains de SF, etc. écrivent beaucoup, les raisons sont multiples. Premièrement, il faut l’avouer, c’est réellement ancré dans cette culture. Déjà à l’Age d’or de la SF (années 50 aux USA) les Van Vogt, les Asimov publiaient à tour de bras. Deuxièmement, le besoin pécuniaire est vraiment présent. Dans un pays comme la France, être écrivain de SF n’est pas rentable. Ceux qui vivent de leur plume sont à compter sur les doigts d’une main. Ce qui est d’ailleurs représentatif est que ceux qui font fortune se débarassent bien vite de l’étiquette SF. Bernard Werber en est un exemple frappant, ces histoires de fourmis sont pourtant de la littérature SF. Quelqu’un comme Dantec et ses Racines du Mal est un autre exemple. Son ouvrage entretient des rapports évidents avec le cyberpunk et l’anticipation, pourtant il parait dans la Série noire, parce que le roman policier (autre littérature de loisir) à meilleure presse. Allez comprendre. Un autre grand auteur français a quitté trop tôt le monde de la SF, c’est Serge Brussolo. C’est un réel auteur populaire, au sens noble du terme et, qui plus est, un être à l’intelligence débordante, qui déborde même sur les genres, puisque maintenant c’est dans le roman historique, le polar, ou dans la littéraure mainstream qu’il officie. S’il a abandonné (en partie) le monde de la SF, c’est, semble-t-il, en raison du mauvais esprit qui règne parmi les éditeurs et les écrivains de SF en France. Comme quoi, tout n’est pas rose, même les petits s’entretuent…

Les auteurs de SF écrivent beaucoup. Certes. Ignore-t-on que quelqu’un comme Hugo a composé plus de cent vingt ouvrages ? Qui accuserait Proust d’avoir écrit un roman fleuve, trop long ?

En fait, il serait vain et trop long de continuer cet inventaire. Ce que je veux démontrer est simple : tout ce que l’on peut reprocher à l’une ou l’autre des littératures de l’imaginaire pourrait l’être également à telle ou telle école littéraire qui s’est fait un nom e videos xxx.

Les universitaires, les premiers a plaider contre ces littératures, sont d’une hypocrisie déconcertante. Ils savent pourtant qu’on ne peut traiter un sujet qu’à partir du moment où on l’a défini : demandez à un professeur de fac de vous définir le concept de littérarité ! C’est l’un des terrains de recherche les plus importants de la narratologie, des noms illustres comme celui de Genette s’y sont penchés. Et tous s’y sont cassés les dents. Le concept de littérarité est caduc à ce jour. Sachez-le.

Lisez ce que vous désirez lire sans a priori inconsidéré, ne jugez pas ce que vous ne connaissez pas. Je puis certifier à ceux qui ignorent tout de la Science fiction qu’elle est loin de traiter seulement de batailles spatiales, et qu’elle parle dans un jargon compréhensible par le seul initié. Lisez Brussolo ou Silverberg, et vous verrez que la SF peut-être poétique. Lisez Dan Simmons, et vous verrez que la SF peut-être écrite dans un style d’une grande puissance. Lisez William Gibson, et vous verrez que la SF soulève des problèmes d’une grande actualité.

J’espère qu’un jour l’on pourra composer une encyclopédie littéraire qui placera les auteurs de toutes littératures à côté les uns des autres.

Diffuser quoi?

Vos communiqués, articles, lettres ouvertes, annonces sur vos activités, appels à l’action, mémoires… Voyons ça d’un peu plus près.

Ta bouche, fondamentale contre le fondamentalisme Des pétitions à signer en ligne et des appels à faire parvenir des lettres par la poste ou à contacter les député-es complètent très bien des campagnes d’action « papier ».

Votre bulletin de liaison peut être diffusé par courriel aux personnes intéressées à être tenues au courant sur ce que vous faites, de même que vos mémoires, recherches, analyses film porno, kits pour agir… Vous pourriez aussi faire des économies en offrant à vos membres la possibilité de vous soutenir en se contentant de recevoir vos documents dans un format électronique plutôt que papier. Vous pourriez aussi mettre en ligne une sélection d’articles en les copiant-collant dans des sites à publication ouverte.

Les médias « traditionnels » reçoivent vos communiqués qui pourraient aussi fort bien circuler dans Internet.

Vous faites parvenir des lettres ouvertes à la presse papier. C’est bien, mais elles ne sont pas toujours publiées. Quand c’est le cas, elles sont parfois coupées. Dans tous les cas, pourquoi ne pas les publier aussi dans des cybermédias et les diffuser dans des listes de discussion?

Des sites Web offrent la possibilité d’annoncer gratuitement les événements que vous organisez. Pourquoi ne pas profiter de ces agendas quand vous souhaitez rejoindre plus de femmes?

Vous recevez les annonces et communiqués de groupes de femmes de votre région. Chanceuse! Il y a 17 régions au Québec. En se basant sur les informations qui circulent dans l’Internet québécois, on pourrait presque conclure qu’il n’y en a à peu près qu’une et toujours la même. Pourquoi ne pas les rediffuser dans une liste de dicussion? Vous pourriez aussi en lancer une pour votre région.

Selon vous, si telle initiative locale était mieux connue, elle en inspirerait d’autres. Avec Internet, il n’en tient qu’à vous qu’elle le soit. Si vous ne le faites pas, qui le fera?

Vous vous intéressez particulièrement à un domaine e d’activités et vous trouvez de temps en temps des contenus intéressants sur Internet. Pourquoi ne pas partager ces informations dans une liste de discussion?

Et ainsi de suite…

Le mouvement des femmes de Lanaudiere brillera par son absence

Joliette, le 2 juin 2004 – La Table de concertation des groupes de femmes de Lanaudière (TCGFL) qui rassemble vingt groupes de femmes et comités en condition féminine à travers les 6 MRC de la région, désapprouve avec vigueur la consultation gouvernementale? Briller parmi les meilleurs? Qui se tiendra dans notre région le 6 juin prochain. Les  groupes membres de la TCGFL sont fort inquiets vis-à-vis la pertinence et le degré de précipitation qui caractérise cette initiative.

Comme citoyennes et militantes dans le mouvement des femmes, nous travaillons à l’avènement de changements qui vont dans le sens du progrès su videos xxx. Toutefois nous refusons de participer à un processus de consultation à caractère anti-démocratique où l’organisation ne favorise pas une pleine participation citoyenne et  donne peu de place pour débattre d’enjeux aussi fondamentaux que la santé, l’éducation et l’emploi.

Depuis des années la TCGFL recherche de l’égalité dans la réalisation d’une société plus juste et équitable. Depuis que le gouvernement Charest est au pouvoir, nous tentons de combattre ce rouleau compresseur qui menace de déchiqueter le filet de sécurité et de solidarité sociale pour lequel des femmes ont tant lutté ! Cette consultation à saveur essentiellement économique tente de faire valider le projet de réingénierie de l’État  qui va dans le sens de l’intérêt individuel plutôt que collectif, du recours à l’entreprise privée et du désengagement de l’État.

Dans la continuité d’une société démocratique fondé sur le respect de l’ensemble des droits humains, le mouvement des femmes de Lanaudière demande à ce que le gouvernement Charest témoigne d’une réelle volonté à réaliser l’égalité pour toutes les femmes notamment en matière de lutte à la pauvreté et de violence faite aux femmes.

Lors  du  grand  rassemblement du Collectif D’abord solidaires, tenu à l’Université  de Montréal les 28, 29 et 30 novembre (voir http://www.cybersolidaires.org/actus/solidaires.html), le chercheur Francis Dupuis-Déri du Massachusets Institute of Technology (MIT),  était invité à répondre  à  la  question:  le  féminisme est-il porteur d’un projet social rassembleur pour toutes les Québécoises et tous les Québécois?

Sa  réponse: le féminisme est avantageux tant pour les hommes que pour les  femmes.  Il  a  distingué  deux  types de féminisme. Le premier est le féminisme libéral. C’est celui qui a permis l’égalité juridique des femmes : droit  de  vote,  capacité  juridique  de la femme mariée, divorce, etc. Le second  est  le féminisme radical. C’est celui qui donne de l’urticaire aux masculinistes,  ces  hommes  qui  trouvent  que « le féminisme est allé trop loin ».

C’est  grâce  au  féminisme  radical  que l’identité des hommes et des femmes  a  pu  être  questionnée.  C’est le féminisme radical qui a le plus apporté aux hommes car c’est celui qui a contribué à libérer les hommes des stéréotypes  sexuels: les hommes ne doivent pas pleurer, ils doivent cacher leurs  émotions,  ils  doivent  toujours  se montrer forts, ils n’ont pas à s’occuper des enfants, etc. Il a rendu les hommes plus intelligents et plus sensibles. Il les a libérés de leur  » ennemi intérieur » et les a davantage humanisés.

Ce  féminisme  radical  a  causé  une révolution tranquille, donc il a entraîné  un  ressac,  d’où le ressentiment de certains hommes pour qui,ce qui va mal, c’est à cause des féministes.

Les masculinistes ont trois griefs principaux face aux féministes:
1. les hommes ont un taux de suicide plus élevé;
2. les garçons décrochent davantage de l’école que les filles;
3.  les hommes perdent souvent la garde des enfants en cas de séparation ou
de divorce.

Si  on  analyse  à fond ces griefs, on découvre des faits surprenants. Par  exemple,   les  hommes  se suicident davantage que les femmes au moins depuis  les années ’50. Or les féministes n’avaient pas le haut du pavé ces années-là. Il  faut  faire  un  travail  d’éducation  populaire  pour  contrer le discours des masculinistes.

Certaines  femmes se disent non féministes mais quand on les interroge sur leurs opinions, on découvre qu’elles sont des féministes radicales…
M.   Dupuis-Déri   a   également   parlé  des  anarcho-féministes qui recherchent des modèles d’organisation davantage horizontaux que verticaux.

Québec : Briller par notre présence à l’extérieur

Les forums régionaux convoqués par le gouvernement Charest ont commencé à la mi-mai. Avec ces forums, le gouvernement prétend qu’il veut faire « place aux citoyens » (et les citoyennes?) et préparer la société québécoise à « briller parmi les meilleurs ». Il les a placés sous la responsabilité des Conférences régionales des élus qui invitent la population à réfléchir aux « solutions applicables à quatre grand thèmes (santé et services sociaux; éducation, formation et emploi; développement économique régional; famille et développement social) reliés au vieillissement de la population et à l’état des finances publiques ». Ce travestissement de la délibération publique et démocratique s’inscrit dans les règles de gouvernance de l’école néolibérale du « nouveau management xxx« .

D’abord, les questions fondamentales sont écartées du débat. Qu’en est-il des grands principes et des valeurs qui doivent orienter l’action publique? Où en est-on par rapport au processus de « réingénierie » de l’État et quel rôle veut-on conférer à l’État? Pourquoi une société doit-elle se doter de services publics? L’entreprise privée est-elle le seul moteur du développement économique? Le débat devrait se cantonner à la mise en oeuvre sectorielle (santé, éducation, développement régional, famille) de principes que le gouvernement refuse de soumettre à la discussion publique.

Ensuite, on met en place la fameuse maxime de Margaret Thatcher sur le fait que « la société n’existe pas ». Plutôt que de discuter avec les groupes organisés que sont les diverses institutions dont s’est dotée la société civile, le gouvernement procède à une sélection aléatoire de citoyen-nes atomisés, comme pour les sondages d’opinion. Une telle atomisation s’inscrit dans le droit-fil du credo libéral selon lequel il n’y a que des individus et qui nie les principes élémentaires de la délibération publique. Au mieux, les citoyen-nes pourront juxtaposer leurs opinions, en ayant à peine le temps de les émettre. Autant faire un sondage téléphonique!

Enfin, de telles consultations-bidons font partie des règles de « bonne gouvernance » énoncées par l’école du « nouveau management public » qui prône la concertation tout en niant les conflits sociaux. C’est pourquoi il appartient au pouvoir politique de déterminer la liste des invité-es vus comme des « partenaires » engagés dans un travail d’application pratique de grandes orientations déterminées en dehors de leur contrôle. La politique se trouve ainsi évidée de ses principes et des choix préalables à la décision au profit d’une gestion technique des populations et des deniers publics. Par ailleurs, de tels forums constituent une opération de marketing politique, puisqu’ils sont sensés refléter l’ouverture et la capacité d’écoute du gouvernement.

Face à un gouvernement qui demeure sourd à nos valeurs, tout en refusant de soumettre les siennes au débat public sous prétexte qu’il a un mandat et une majorité des sièges à l’Assemblée nationale, nous devons pratiquer la politique de la chaise vide. Face à la population qui veut du changement, nous devons engager le dialogue et nourrir le débat. C’est pourquoi nous serons présent-es à l’extérieur au nom de la démocratie et de la délibération publique.