LES LITTÉRATURES DE L’IMAGINAIRE EN FRANCE

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Cet article a été composé en 2000 pour l’ancienne version de Folioctet où les sites consacrés aux littératures de l’imaginaire étaient séparées des autres. J’ai changé depuis l’organisation du site, mais les questions que je soulève n’ont pas eu énormément de réponse depuis, elles persistent en moi. Pourquoi la SF a-t-elle si mauvaise presse en France ? Depuis la collection Présence du futur a cessé de paraître, ce que certains ont appelé l’âge d’or de la SF française est mort dans l’oeuf, les Ligny, les Lehmann sont retombés dans l’anonymat des petits cercles. Dommage.

Si je suis un grand amateur de ces littératures dites de l’imaginaire, créer une rubrique spécialement pour elles m’attriste. J’aurais tellement apprécié pouvoir placer cote à cote des auteurs tels que Dan Simmons et Shakespeare, Brussolo et Baudelaire. Mais porno francais voilà ! les esprits français ne sont pas encore prêts (le seront-ils un jour ?) à reconnaitre une véritable place dans le panthéon littéraire pour les écrivains de littératures de loisir. En fait un progrès s’est fait sentir depuis quelques années avec des auteurs qui n’ont pas peur de transgresser les limites des genres : quelqu’un comme Dantec par exemple qui mêle à merveille le polar à l’anticipation et au roman d’aventures.

Je voudrais apporter ma contribution à la défense de ces littératures. Beaucoup d’autres l’ont fait. Je conseille d’ailleurs à tous la lecture de la préface de Serge Lehmann à l’anthologie Escales sur l’horizon, éditée chez Fleuve noir. C’est certainement la meilleure défense française pour la littérature science-fictionnesque.

Tout d’abord le terme de littérature de loisir. En quoi le loisir serait-il dégradant ? Pourquoi le negotium devrait toujours prendre le pas sur l’otium ? Je m’interroge. De grands auteurs de la grande littérature française n’ont-ils pas concilié le plaisir à l’éducation et à la réflexion du lecteur ? Je prends pour exemple La Fontaine, un auteur reconnu par tous. Ses Fables video porno n’étaient-elles pas destinées à l’éducation du Dauphin ? pourtant l’emploi de personnages animaliers étaient là évidemment pour alléger le propos, pour plaire, pour amuser. Il le dit lui-même :

« contons, mais contons bien ; c’est le point principal, C’est tout »

La littérature c’est l’art de raconter des histoires. Si l’on part de ce principe, pourquoi les auteurs de SF sont-ils exclus du temple ? Serait-ce parce qu’ils ne content pas bien ?

C’est un argument souvent employé par les opposants aux littératures populaires. Parlons en des littératures populaires, encore un terme dépréciatif. Populaire, cela signifie-t-il que cela plait au peuple et que par conséquent que sa valeur est moindre parce que trop facilement accessible ? Et Molière, et La Fontaine et Hugo ? Ces auteurs sont parmi les plus populaires, cependant l’Intelligensia littéraire n’y voit rien à redire. Serait-ce seulement parce que ces auteurs sont morts ? J’en ai bien l’impression. Parce que cette élite oublie un mot d’ordre qui est celui de la plupart des grands écrivains considérés comme tels, celui de l’universalité. L’humanisme n’est pas un vain mot pour Rabelais, Voltaire, Hugo, … Les auteurs qui nous ont laissés leur nom sont souvent ceux qui adressaient les messages les plus universels, les plus aptes à être compris par tous les hommes. Les littératures de l’imaginaire sont souvent très loin de l’hermétisme de Mallarmé ou de celui du trobas clos. La complexité n’est pas toujours un gage de richesse, bien au contraire. Pour en revenir à l’accusation de médiocrité de style chez les auteurs de SF et de fantastique, le problème est le même. Qu’est-ce que le bon style ? Certainement une façon d’écrire rafinée, compliquée, soignée. Cette manière (ce tic) propre à l’élite intellectuelle d’aujourd’hui, celle qui revendique une tradition stylistique.

Ah la tradition ! C’est bien sur cela que les hommes de lettres d’aujourd’hui se fondent pour juger les oeuvres qui auraient rompues avec Sainte-Tradition. Pourtant faut-il leur donner un rapide cours d’histoire littéraire ? Depuis le XIXe siècle s’est opéré un mouvement puissant dans tous les arts et dans la littérature. Ce mouvement était une revendication à plus de liberté, à film porno moins de contraintes dans le style. Voyez Musset et ces pièces impossibles à mettre en scène. Voyez Rimbaud et ces poèmes en prose. Voyez l’avènement du vers libre. Voyez l’écriture automatique chez les surréalistes. Voyez l’intérêt de Vian ou de Queneau pour la Science-fiction américaine. Voyez la passion du Nouveau Roman pour le roman policier. Voyez la dissolution du sens chez Ionesco ou Beckett. En bref, prenez conscience que vos valeurs ne sont pas celles de vos prédecesseurs directs. Ou bien alors, reniez les et chantez haut et fort votre amour pour les littératures de copie, de norme, de règles, de la Renaissance et du Classicisme. Les règles n’ont plus à être imposées par une instance, par quelques uns, mais par ceux qui forment le milieu artistique qu’ils ont conçus.

Un autre reproche revient souvent, accouplé à un autre qui, si l’on y prend garde, dit l’inverse. On dit que les littératures de l’imaginaire ne font que répêter incessament les mêmes choses, que ces bouquins manquent d’originalité. D’un autre côté, on dit que ces auteurs écrivent beaucoup trop d’ouvrages pour être honnètes. D’après moi, si tant de livres sortent, c’est évidemment parce qu’il y a beaucoup à dire, c’est parce que les auteurs de SF, etc. ont de l’imagination. S’il y a beaucoup de bouquins inintéressants, ce n’est pas le propre des littératures de l’imaginaire. Cet argument est totalement stupide. Si nous nous penchons sur n’importe quelle époque de l’histoire littéraire nous nous apercevrons que le nombre d’ouvrages qui a traversé la postérité est ridiculement mince au regard du nombre de publications. Bien sûr aujourd’hui, les ouvrages édités sont plus nombreux, le fait est logique. Plus de classes sociales lisent aujourd’hui, les hommes sont plus nombreux, … Tout est affaire de conjoncture.

Si les écrivains de SF, etc. écrivent beaucoup, les raisons sont multiples. Premièrement, il faut l’avouer, c’est réellement ancré dans cette culture. Déjà à l’Age d’or de la SF (années 50 aux USA) les Van Vogt, les Asimov publiaient à tour de bras. Deuxièmement, le besoin pécuniaire est vraiment présent. Dans un pays comme la France, être écrivain de SF n’est pas rentable. Ceux qui vivent de leur plume sont à compter sur les doigts d’une main. Ce qui est d’ailleurs représentatif est que ceux qui font fortune se débarassent bien vite de l’étiquette SF. Bernard Werber en est un exemple frappant, ces histoires de fourmis sont pourtant de la littérature SF. Quelqu’un comme Dantec et ses Racines du Mal est un autre exemple. Son ouvrage entretient des rapports évidents avec le cyberpunk et l’anticipation, pourtant il parait dans la Série noire, parce que le roman policier (autre littérature de loisir) à meilleure presse. Allez comprendre. Un autre grand auteur français a quitté trop tôt le monde de la SF, c’est Serge Brussolo. C’est un réel auteur populaire, au sens noble du terme et, qui plus est, un être à l’intelligence débordante, qui déborde même sur les genres, puisque maintenant c’est dans le roman historique, le polar, ou dans la littéraure mainstream qu’il officie. S’il a abandonné (en partie) le monde de la SF, c’est, semble-t-il, en raison du mauvais esprit qui règne parmi les éditeurs et les écrivains de SF en France. Comme quoi, tout n’est pas rose, même les petits s’entretuent…

Les auteurs de SF écrivent beaucoup. Certes. Ignore-t-on que quelqu’un comme Hugo a composé plus de cent vingt ouvrages ? Qui accuserait Proust d’avoir écrit un roman fleuve, trop long ?

En fait, il serait vain et trop long de continuer cet inventaire. Ce que je veux démontrer est simple : tout ce que l’on peut reprocher à l’une ou l’autre des littératures de l’imaginaire pourrait l’être également à telle ou telle école littéraire qui s’est fait un nom.

Les universitaires, les premiers a plaider contre ces littératures, sont d’une hypocrisie déconcertante. Ils savent pourtant qu’on ne peut traiter un sujet qu’à partir du moment où on l’a défini : demandez à un professeur de fac de vous définir le concept de littérarité ! C’est l’un des terrains de recherche les plus importants de la narratologie, des noms illustres comme celui de Genette s’y sont penchés. Et tous s’y sont cassés les dents. Le concept de littérarité est caduc à ce jour. Sachez-le.

Lisez ce que vous désirez lire sans a priori inconsidéré, ne jugez pas ce que vous ne connaissez pas. Je puis certifier à ceux qui ignorent tout de la Science fiction qu’elle est loin de traiter seulement de batailles spatiales, et qu’elle parle dans un jargon compréhensible par le seul initié. Lisez Brussolo ou Silverberg, et vous verrez que la SF peut-être poétique. Lisez Dan Simmons, et vous verrez que la SF peut-être écrite dans un style d’une grande puissance. Lisez William Gibson, et vous verrez que la SF soulève des problèmes d’une grande actualité.

J’espère qu’un jour l’on pourra composer une encyclopédie littéraire qui placera les auteurs de toutes littératures à côté les uns des autres.

LA CAGE AUX OISEAUX

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Comme l’éminent humaniste Pierre Perret l’a chanté : « Les enfants si vous voyez un p’tit oiseau prisonnier, ouvrez lui la porte vers la liberté ! »

Ouvrons ce carcan qui retient nos imaginations, laissons s’envoler les volatiles obscurs qui végétent sous nos crânes. Tout ça pour dire que plus que jamais Folioctet a besoin de vous, de vos contributions, sous la forme d’articles, de textes ou simplement de commentaires sur les textes des autres.

C’est vous et personne d’autre porno qui êtes garants de la pérennité de ce site. L’utopie d’un internet libre et alternatif même si elle a souvent tout d’une chimère, repose sur des bases simples : interactivité, gratuité, et créativité.

Il faut abolir la frontière factice entre spectateurs et acteurs. Nous sommes les deux à la fois ! Alors n’hésitez plus si pour vous la littérature est un art susceptible de modifier notre perception du monde à défaut d’en révolutionner la nature, ce site est là pour vous videos porno permettre d’exprimer votre sensibilité, vos doutes et vos convictions !

Ce site est à moi, ce site est à vous !

Juju.

Les littératures de l’imaginaire en france

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Cet article a été composé en 2016 pour l’ancienne version de Folioctet où les sites consacrés aux littératures de l’imaginaire étaient séparées des autres. J’ai changé depuis l’organisation du site, mais les questions que je soulève n’ont pas eu énormément de réponse depuis, elles persistent en moi. Pourquoi la SF a-t-elle si mauvaise presse en France ? Depuis la collection Présence du futura cessé de paraître, ce que certains ont appelé l’âge d’or de la SF française est mort dans l’oeuf, les Ligny, les Lehmann sont retombés dans l’anonymat des petits cercles. Dommage.

Si je suis un grand amateur de ces littératures dites de l’imaginaire, créer une rubrique spécialement pour elles m’attriste. J’aurais tellement apprécié pouvoir placer cote à cote des auteurs tels que Dan Simmons et Shakespeare, Brussolo et Baudelaire. Mais voilà ! les esprits français ne sont pas encore prêts (le seront-ils un jour ?) à reconnaitre une véritable place dans le panthéon littéraire pour les écrivains de littératures de loisir. En fait un progrès s’est fait sentir depuis quelques années avec des auteurs qui n’ont pas peur de transgresser les limites des genres : quelqu’un comme Dantec par exemple qui mêle à merveille le polar à l’anticipation et au roman d’aventures.

Je voudrais apporter ma contribution à la défense de ces littératures. Beaucoup d’autres l’ont fait. Je conseille d’ailleurs à tous la lecture de la préface de Serge Lehmann à l’anthologie Escales sur l’horizon, éditée chez Fleuve noir. C’est certainement la meilleure défense française pour la littérature science-fictionnesque.

Tout d’abord le terme de littérature de loisir. En quoi le loisir serait-il dégradant ? Pourquoi le negotiumdevrait toujours prendre le pas sur l’otium ? Je m’interroge, porno. De grands auteurs de la grande littérature française n’ont-ils pas concilié le plaisir à l’éducation et à la réflexion du lecteur ? Je prends pour exemple La Fontaine, un auteur reconnu par tous. Ses Fables n’étaient-elles pas destinées à l’éducation du Dauphin ? pourtant l’emploi de personnages animaliers étaient là évidemment pour alléger le propos, pour plaire, pour amuser. Il le dit lui-même :

« contons, mais contons bien ; c’est le point principal, C’est tout »

La littérature c’est l’art de raconter des histoires. Si l’on part de ce principe, pourquoi les auteurs de SF sont-ils exclus du temple ? Serait-ce parce qu’ils ne content pas bien ?

C’est un argument souvent employé par les opposants aux littératures populaires. Parlons en des littératures populaires, encore un terme dépréciatif. Populaire, cela signifie-t-il que cela plait au peuple et que par conséquent que sa valeur est moindre parce que trop facilement accessible ? Et Molière, et La Fontaine et Hugo ? Ces auteurs sont parmi les plus populaires, cependant l’Intelligensia littéraire n’y voit rien à redire. Serait-ce seulement parce que ces auteurs sont morts ? J’en ai bien l’impression. Parce que cette élite oublie un mot d’ordre qui est celui de la plupart des grands écrivains considérés comme tels, celui de l’universalité. L’humanisme n’est pas un vain mot pour Rabelais, Voltaire, Hugo, … Les auteurs qui nous ont laissés leur nom sont souvent ceux qui adressaient les messages les plus universels, les plus aptes à être compris par tous les hommes. Les littératures de l’imaginaire sont souvent très loin de l’hermétisme de Mallarmé ou de celui du trobas clos. La complexité n’est pas toujours un gage de richesse, bien au contraire. Pour en revenir à l’accusation de médiocrité de style chez les auteurs de SF et de fantastique, le problème est le même. Qu’est-ce que le bon style ? Certainement une façon d’écrire rafinée, compliquée, soignée. Cette manière (ce tic) propre à l’élite intellectuelle d’aujourd’hui, celle qui revendique une tradition stylistique.

Ah la tradition ! C’est bien sur cela que les hommes de lettres d’aujourd’hui se fondent pour juger les oeuvres qui auraient rompues avec Sainte-Tradition. Pourtant faut-il leur donner un rapide cours d’histoire littéraire ? Depuis le XIXe siècle s’est opéré un mouvement puissant dans tous les arts et dans la littérature. Ce mouvement était une revendication à plus de liberté, à moins de contraintes dans le style. Voyez Musset et ces pièces impossibles à mettre en scène. Voyez Rimbaud et ces poèmes en prose. Voyez l’avènement du vers libre. Voyez l’écriture automatique chez les surréalistes. Voyez l’intérêt de Vian ou de Queneau pour la Science-fiction américaine. Voyez la passion du Nouveau Roman pour le sexo xxx. Voyez la dissolution du sens chez Ionesco ou Beckett. En bref, prenez conscience que vos valeurs ne sont pas celles de vos prédecesseurs directs. Ou bien alors, reniez les et chantez haut et fort votre amour pour les littératures de copie, de norme, de règles, de la Renaissance et du Classicisme. Les règles n’ont plus à être imposées par une instance, par quelques uns, mais par ceux qui forment le milieu artistique qu’ils ont conçus.

Un autre reproche revient souvent, accouplé à un autre qui, si l’on y prend garde, dit l’inverse. On dit que les littératures de l’imaginaire ne font que répêter incessament les mêmes choses, que ces bouquins manquent d’originalité. D’un autre côté, on dit que ces auteurs écrivent beaucoup trop d’ouvrages pour être honnètes. D’après moi, si tant de livres sortent, c’est évidemment parce qu’il y a beaucoup à dire, c’est parce que les auteurs de SF, etc. ont de l’imagination. S’il y a beaucoup de bouquins inintéressants, ce n’est pas le propre des littératures de l’imaginaire. Cet argument est totalement stupide. Si nous nous penchons sur n’importe quelle époque de l’histoire littéraire nous nous apercevrons que le nombre d’ouvrages qui a traversé la postérité est ridiculement mince au regard du nombre de publications. Bien sûr aujourd’hui, les ouvrages édités sont plus nombreux, le fait est logique. Plus de classes sociales lisent aujourd’hui, les hommes sont plus nombreux, … Tout est affaire de conjoncture.

Si les écrivains de SF, etc. écrivent beaucoup, les raisons sont multiples. Premièrement, il faut l’avouer, c’est réellement ancré dans cette culture. Déjà à l’Age d’or de la SF (années 50 aux USA) les Van Vogt, les Asimov publiaient à tour de bras. Deuxièmement, le besoin pécuniaire est vraiment présent. Dans un pays comme la France, être écrivain de SF n’est pas rentable. Ceux qui vivent de leur plume sont à compter sur les doigts d’une main. Ce qui est d’ailleurs représentatif est que ceux qui font fortune se débarassent bien vite de l’étiquette SF. Bernard Werber en est un exemple frappant, ces histoires de fourmis sont pourtant de la littérature SF. Quelqu’un comme Dantec et ses Racines du Mal est un autre exemple. Son ouvrage entretient des rapports évidents avec le cyberpunk et l’anticipation, pourtant il parait dans la Série noire, parce que le roman policier (autre littérature de loisir) à meilleure presse. Allez comprendre. Un autre grand auteur français a quitté trop tôt le monde de la SF, c’est Serge Brussolo. C’est un réel auteur populaire, au sens noble du terme et, qui plus est, un être à l’intelligence débordante, qui déborde même sur les genres, puisque maintenant c’est dans le roman historique, le polar, ou dans la littéraure mainstream qu’il officie. S’il a abandonné (en partie) le monde de la SF, c’est, semble-t-il, en raison du mauvais esprit qui règne parmi les éditeurs et les écrivains de SF en France. Comme quoi, tout n’est pas rose, même les petits s’entretuent…

Les auteurs de SF écrivent beaucoup. Certes. Ignore-t-on que quelqu’un comme Hugo a composé plus de cent vingt ouvrages ? Qui accuserait Proust d’avoir écrit un roman fleuve, trop long ?

En fait, il serait vain et trop long de continuer cet inventaire. Ce que je veux démontrer est simple : tout ce que l’on peut reprocher à l’une ou l’autre des littératures de l’imaginaire pourrait l’être également à telle ou telle école littéraire qui s’est fait un nom e videos xxx.

Les universitaires, les premiers a plaider contre ces littératures, sont d’une hypocrisie déconcertante. Ils savent pourtant qu’on ne peut traiter un sujet qu’à partir du moment où on l’a défini : demandez à un professeur de fac de vous définir le concept de littérarité ! C’est l’un des terrains de recherche les plus importants de la narratologie, des noms illustres comme celui de Genette s’y sont penchés. Et tous s’y sont cassés les dents. Le concept de littérarité est caduc à ce jour. Sachez-le.

Lisez ce que vous désirez lire sans a priori inconsidéré, ne jugez pas ce que vous ne connaissez pas. Je puis certifier à ceux qui ignorent tout de la Science fiction qu’elle est loin de traiter seulement de batailles spatiales, et qu’elle parle dans un jargon compréhensible par le seul initié. Lisez Brussolo ou Silverberg, et vous verrez que la SF peut-être poétique. Lisez Dan Simmons, et vous verrez que la SF peut-être écrite dans un style d’une grande puissance. Lisez William Gibson, et vous verrez que la SF soulève des problèmes d’une grande actualité.

J’espère qu’un jour l’on pourra composer une encyclopédie littéraire qui placera les auteurs de toutes littératures à côté les uns des autres.

Diffuser quoi?

Vos communiqués, articles, lettres ouvertes, annonces sur vos activités, appels à l’action, mémoires… Voyons ça d’un peu plus près.

Ta bouche, fondamentale contre le fondamentalisme Des pétitions à signer en ligne et des appels à faire parvenir des lettres par la poste ou à contacter les député-es complètent très bien des campagnes d’action « papier ».

Votre bulletin de liaison peut être diffusé par courriel aux personnes intéressées à être tenues au courant sur ce que vous faites, de même que vos mémoires, recherches, analyses film porno, kits pour agir… Vous pourriez aussi faire des économies en offrant à vos membres la possibilité de vous soutenir en se contentant de recevoir vos documents dans un format électronique plutôt que papier. Vous pourriez aussi mettre en ligne une sélection d’articles en les copiant-collant dans des sites à publication ouverte.

Les médias « traditionnels » reçoivent vos communiqués qui pourraient aussi fort bien circuler dans Internet.

Vous faites parvenir des lettres ouvertes à la presse papier. C’est bien, mais elles ne sont pas toujours publiées. Quand c’est le cas, elles sont parfois coupées. Dans tous les cas, pourquoi ne pas les publier aussi dans des cybermédias et les diffuser dans des listes de discussion?

Des sites Web offrent la possibilité d’annoncer gratuitement les événements que vous organisez. Pourquoi ne pas profiter de ces agendas quand vous souhaitez rejoindre plus de femmes?

Vous recevez les annonces et communiqués de groupes de femmes de votre région. Chanceuse! Il y a 17 régions au Québec. En se basant sur les informations qui circulent dans l’Internet québécois, on pourrait presque conclure qu’il n’y en a à peu près qu’une et toujours la même. Pourquoi ne pas les rediffuser dans une liste de dicussion? Vous pourriez aussi en lancer une pour votre région.

Selon vous, si telle initiative locale était mieux connue, elle en inspirerait d’autres. Avec Internet, il n’en tient qu’à vous qu’elle le soit. Si vous ne le faites pas, qui le fera?

Vous vous intéressez particulièrement à un domaine porno e d’activités et vous trouvez de temps en temps des contenus intéressants sur Internet. Pourquoi ne pas partager ces informations dans une liste de discussion?

Et ainsi de suite…

Le mouvement des femmes de Lanaudiere brillera par son absence

Joliette, le 2 juin 2004 – La Table de concertation des groupes de femmes de Lanaudière (TCGFL) qui rassemble vingt groupes de femmes et comités en condition féminine à travers les 6 MRC de la région, désapprouve avec vigueur la consultation gouvernementale? Briller parmi les meilleurs? Qui se tiendra dans notre région le 6 juin prochain. Les  groupes membres de la TCGFL sont fort inquiets vis-à-vis la pertinence et le degré de précipitation qui caractérise cette initiative.

Comme citoyennes et militantes dans le mouvement des femmes, nous travaillons à l’avènement de changements qui vont dans le sens du progrès su videos xxx. Toutefois nous refusons de participer à un processus de consultation à caractère anti-démocratique où l’organisation ne favorise pas une pleine participation citoyenne et  donne peu de place pour débattre d’enjeux aussi fondamentaux que la santé, l’éducation et l’emploi.

Depuis des années la TCGFL recherche de l’égalité dans la réalisation d’une société plus juste et équitable. Depuis que le gouvernement Charest est au pouvoir, nous tentons de combattre ce rouleau compresseur qui menace de déchiqueter le filet de sécurité et de solidarité sociale pour lequel des femmes ont tant lutté ! Cette consultation à saveur essentiellement économique tente de faire valider le projet de réingénierie de l’État  qui va dans le sens de l’intérêt individuel plutôt que collectif, du recours à l’entreprise privée et du désengagement de l’État.

Dans la continuité d’une société démocratique fondé sur le respect de l’ensemble des droits humains, le mouvement des femmes de Lanaudière demande à ce que le gouvernement Charest témoigne d’une réelle volonté à réaliser l’égalité pour toutes les femmes notamment en matière de lutte à la pauvreté et de violence faite aux femmes.

Lors  du  grand  rassemblement du Collectif D’abord solidaires, tenu à l’Université  de Montréal les 28, 29 et 30 novembre (voir http://www.cybersolidaires.org/actus/solidaires.html), le chercheur Francis Dupuis-Déri du Massachusets Institute of Technology (MIT),  était invité à répondre  à  la  question:  le  féminisme est-il porteur d’un projet social rassembleur pour toutes les Québécoises et tous les Québécois?

Sa  réponse: le féminisme est avantageux tant pour les hommes que pour les  femmes.  Il  a  distingué  deux  types de féminisme. Le premier est le féminisme libéral. C’est celui qui a permis l’égalité juridique des femmes : droit  de  vote,  capacité  juridique  de la femme mariée, divorce, etc. Le second  est  le féminisme radical. C’est celui qui donne de l’urticaire aux masculinistes,  ces  hommes  qui  trouvent  que « le féminisme est allé trop loin ».

C’est  grâce  au  féminisme  radical  que l’identité des hommes et des femmes  a  pu  être  questionnée.  C’est le féminisme radical qui a le plus apporté aux hommes car c’est celui qui a contribué à libérer les hommes des stéréotypes  sexuels a le videos porno: les hommes ne doivent pas pleurer, ils doivent cacher leurs  émotions,  ils  doivent  toujours  se montrer forts, ils n’ont pas à s’occuper des enfants, etc. Il a rendu les hommes plus intelligents et plus sensibles. Il les a libérés de leur  » ennemi intérieur » et les a davantage humanisés.

Ce  féminisme  radical  a  causé  une révolution tranquille, donc il a entraîné  un  ressac,  d’où le ressentiment de certains hommes pour qui,ce qui va mal, c’est à cause des féministes.

Les masculinistes ont trois griefs principaux face aux féministes:
1. les hommes ont un taux de suicide plus élevé;
2. les garçons décrochent davantage de l’école que les filles;
3.  les hommes perdent souvent la garde des enfants en cas de séparation ou
de divorce.

Si  on  analyse  à fond ces griefs, on découvre des faits surprenants. Par  exemple,   les  hommes  se suicident davantage que les femmes au moins depuis  les années ’50. Or les féministes n’avaient pas le haut du pavé ces années-là. Il  faut  faire  un  travail  d’éducation  populaire  pour  contrer le discours des masculinistes.

Certaines  femmes se disent non féministes mais quand on les interroge sur leurs opinions, on découvre qu’elles sont des féministes radicales…
M.   Dupuis-Déri   a   également   parlé  des  anarcho-féministes qui recherchent des modèles d’organisation davantage horizontaux que verticaux.

Québec : Briller par notre présence à l’extérieur

Les forums régionaux convoqués par le gouvernement Charest ont commencé à la mi-mai. Avec ces forums, le gouvernement prétend qu’il veut faire « place aux citoyens » (et les citoyennes?) et préparer la société québécoise à « briller parmi les meilleurs ». Il les a placés sous la responsabilité des Conférences régionales des élus qui invitent la population à réfléchir aux « solutions applicables à quatre grand thèmes (santé et services sociaux; éducation, formation et emploi; développement économique régional; famille et développement social) reliés au vieillissement de la population et à l’état des finances publiques ». Ce travestissement de la délibération publique et démocratique s’inscrit dans les règles de gouvernance de l’école néolibérale du « nouveau management xxx« .

D’abord, les questions fondamentales sont écartées du débat. Qu’en est-il des grands principes et des valeurs qui doivent orienter l’action publique? Où en est-on par rapport au processus de « réingénierie » de l’État et quel rôle veut-on conférer à l’État? Pourquoi une société doit-elle se doter de services publics? L’entreprise privée est-elle le seul moteur du développement économique? Le débat devrait se cantonner à la mise en oeuvre sectorielle (santé, éducation, développement régional, famille) de principes que le gouvernement refuse de soumettre à la discussion publique.

Ensuite, on met en place la fameuse maxime de Margaret Thatcher sur le fait que « la société n’existe pas ». Plutôt que de discuter avec les groupes organisés que sont les diverses institutions dont s’est dotée la société civile, le gouvernement procède à une sélection aléatoire de citoyen-nes atomisés, comme pour les sondages d’opinion. Une telle atomisation s’inscrit dans le droit-fil du credo libéral selon lequel il n’y a que des individus et qui nie les principes élémentaires de la délibération publique. Au mieux, les citoyen-nes pourront juxtaposer leurs opinions, en ayant à peine le temps de les émettre. Autant faire un sondage téléphonique!

Enfin, de telles consultations-bidons font partie des règles de « bonne gouvernance » énoncées par l’école du « nouveau management public » qui prône la concertation tout en niant les conflits sociaux. C’est pourquoi il appartient au pouvoir politique de déterminer la liste des invité-es vus comme des « partenaires » engagés dans un travail d’application pratique de grandes orientations déterminées en dehors de leur contrôle. La politique se trouve ainsi évidée de ses principes et des choix préalables à la décision au profit d’une gestion technique des populations et des deniers publics. Par ailleurs, de tels forums constituent une opération de marketing politique, puisqu’ils sont sensés refléter l’ouverture et la capacité d’écoute du gouvernement.

Face à un gouvernement qui demeure sourd à nos valeurs, tout en refusant de soumettre les siennes au débat public sous prétexte qu’il a un mandat et une majorité des sièges à l’Assemblée nationale, nous devons pratiquer la politique de la chaise vide. Face à la population qui veut du changement, nous devons engager le dialogue et nourrir le débat. C’est pourquoi nous serons présent-es à l’extérieur au nom de la démocratie et de la délibération publique.