Prendre note de la jurisprudence

Les interprétations de la violence sexuelle utilisée en droit international sont fondamentales pour l’activisme global des droits humains des femmes. La jurisprudence du Tribunal de l’ex Yougoslavie a eu des implications nationales pour les corps judiciaires, telle que sa magistrature. L’affaire Foca11 avait confirmé que  » les formes de pénétration sexuelle forcée perpétrée sur des femmes dans le but de les interroger, les punir ou exercer de la coercition constitue la torture, et l’accès sexuel aux femmes, exercé comme le droit de propriété, constitue une forme d’esclavage sous les crimes contre l’humanité. « 12 Suivant cette ligne de jurisprudence, ce même tribunal a déclaré Kumarac, Kovac et Vukovic coupables de torture et de viol, qui étaient reconnus comme crimes contre les lois et coutumes internationaux applicables aux conflits armés, et à la torture. Le viol et l’esclavage étaient classés comme crimes contre l’humanité.

Dans l’affaire Kunarac, la Chambre d’appel avait confirmé le jugement de la Chambre d’accusation.13

La chambre d’accusation avait considéré la question de principe dans cette affaire comme étant la pratique de l’esclavage à travers l’exploitation des femmes et des filles. Les actes extrêmes et répétés de violence sexuelle étaient l’exercice le plus évident du pouvoir militaire et/ou de la possession.14 Selon la Chambre d’accusation, pour définir une forme d’esclavage, les facteurs et les indices de l’esclavage doivent être en compte, tels que :

 » Le contrôle du mouvement de quelqu’un, le contrôle de l’environnement physique, le contrôle psychologique, les mesures prises pour empêcher ou décourager l’évasion, la force, la menace de faire usage de la force et de la contrainte, l’affirmation de l’exclusivité, l’assujettissement au traitement cruel et à l’abus, le contrôle de la sexualité et le travail forcé. « 15

En ce qui concerne la nature sexuelle de l’esclavage, les Statuts de la CPI affirment que l’auteur, en plus de l’exercice du droit de propriété sur une ou plusieurs personnes, doit également avoir violé la personne ou les personnes dans un ou plusieurs actes de nature sexuelle. La Chambre avait statué qu’une nette absence de consentement pour une activité sexuelle pouvait être prouvée même s’il n’existait aucune preuve que la force a été employée. Une exigence stricte de la force ou de la menace dans les cas de viol pouvait permettre aux auteurs d’échapper à leur responsabilité pour des crimes sexuels commis sans force physique mais dans des conditions de contrainte, par exemple, le viol en détention. De même, dans certains cas de viol domestique, il n’est pas nécessaire d’utiliser des armes ou la force physique pour démontrer la force telle que requise pour prouver le crime. Par exemple, une menace pouvait servir comme un indicateur de force d’autant qu’il existe une possibilité bien fondée que l’auteur agira sur cette menace.16

La Chambre d’appel avait également conclu que:

L’actus reus du crime de viol en droit international est constitué par : la pénétration sexuelle, insignifiante soit-elle : (a) du vagin ou de l’anus de la victime par le pénis de l’auteur ou tout autre objet utilisé par l’auteur ; ou (b) la bouche de la victime par le pénis de l’auteur ; là où une telle pénétration sexuelle se produit sans le consentement de la victime. Le consentement à cette fin doit être donné volontairement, comme résultat de la libre volonté de la victime, estimée dans le contexte des circonstances qui l’entourent. Le mens rea est l’intention d’effectuer cette pénétration sexuelle, et la connaissance que cela se produit sans le consentement de la victime. »17
Les statuts de la Cour avaient introduit la plupart de ces éléments dans sa définition du viol. Ils avaient employé le terme plus large d' » invasion  » plutôt que  » pénétration. « 18 Invasion comporte non seulement la pénétration d’un organe sexuel, mais également n’importe quel genre d’abus sexuel perpétré avec des objets ou différentes parties du corps. Le sens élargi de cette définition est crucial pour le plaidoyer en ce qui concerne la législation latino américaine où le viol est encore défini comme  » accès charnel « , le réduisant à la pénétration vaginale par l’organe sexuel mâle.

Le viol comme un acte de torture

La Chambre d’appel avait considéré que la torture  » est constituée par un acte ou une omission qui engendre ‘une douleur ou une souffrance grave, soit physique soit morale.’ Il n’y a pas d’autres exigences spécifiques. Ceci permet une classification exhaustive et une énumération d’actes reconnus comme torture. La jurisprudence existante n’a pas déterminé le degré absolu de douleur requis pour qu’un acte équivaille à une torture. « 19 La Chambre d’accusation était allée plus loin et considère la souffrance comme une réalité ceci sans l’appui d’un certificat médical ; établissant de cette façon que la violence sexuelle créait une douleur et une souffrance sérieuse, qu’elle soit physique ou mentale. C’est, une fois le viol prouvé que la torture est également prouvée, parce que le viol comporte nécessairement cette douleur et cette souffrance. C’est de cette façon que la Chambre a justifié la caractérisation du viol comme un acte de torture.20

La définition de la torture comme crime de guerre ou crime contre l’humanité dans le Statut de Rome diffère de ce que contient la Convention contre la torture et autres traitements ou châtiments cruels, inhumains ou dégradants (CCT), dès lors qu’il n’est pas requis que la torture soit commise pour une raison particulière, tel que pour extorquer un aveu, ou qu’elle soit commise par un agent public. La torture peut être, plutôt, commise par les auteurs non officiels, un phénomène qui affecte les femmes de façon disproportionnelle. Cette interprétation pourrait offrir une ouverture dans les tribunaux nationaux à travers l’affirmation selon laquelle d’autres genres d’acte de violence commis à l’égard des femmes, comme la violence domestique ou l’inceste, constituent également une torture.

Cette jurisprudence et la mise en œuvre judiciaire des statuts de la Cour ont des implications utiles pour nos systèmes juridiques au plan de la substance et de la procédure. L’affaire Kunarac clarifie non seulement les concepts juridiques tels que le consentement, la force ou la menace de la force, les diverses formes de contrôle, elle sert également d’exemple que cette interprétation peut être étendu en ce qui concerne la violence sexuelle et sexospécifique à l’égard des femmes. Elles peuvent être utiles si elles sont incorporées dans chacun de nos systèmes juridiques respectifs. Adopter des définitions qui reflètent les critères les plus élevés du droit international, soit des Statuts de la CPI soit des autres instruments internationaux, ainsi que l’utilisation de la CPI elle-même peut se révéler stratégique pour le renforcement et la modernisation de la législation pénale de l’Etat. Les efforts dans cette direction pourraient être particulièrement efficace pour les états qui ont signé le Statut de Rome.

Le Statut mettent également à la disposition du groupe des victimes et des témoins, un greffier de la Cour pour conseiller et assister le Procureur et la Cour en ce qui concerne les mesures adéquates de protection et de sécurité, surtout lorsque les témoins pourraient être en danger suite à leur témoignage. D’ailleurs, il est extrêmement important que le groupe contienne parmi le personnel, des experts en traumatologie dans le domaine de la violence sexuelle.

Pour garantir les poursuites judiciaires des crimes sexuels, la protection et la participation des victimes, que fournissent les statuts pour une représentation équilibré des juges, comprenant aussi bien les hommes et les femmes, et des juristes spécialisés en matière de violence à l’égard des femmes et des enfants (art.36). D’ailleurs, la CPI a sept juges femmes originaires de différentes régions. Le Procureur a le pouvoir de nommer des conseillers spéciaux sur les questions telle que la violence sexuelle, la violence basée sur le genre et la violence à l’égard des enfants, et le secrétaire de la Cour a l’option de recruter un personnel spécial pour s’occuper des victimes de traumatisme dû à la violence sexuelle. Non seulement la violence sexuelle fait l’objet d’une enquête sérieuse, mais les victimes sont traitées en conséquent, sur la base de leurs besoins individuels, ce qui est rare au niveau national.

La promesse de la CPI

Pour que le Statut de Rome soit transformatif, les états parties qui l’ont ratifié doivent adopter des mesures législatives nationales en coopérant pleinement avec la Cour. Les avantages de la mise en œuvre nationale sont doubles : pour les états parties à coopérer avec la Cour, et pour la juridiction locale de s’exercer sur les crimes pour lesquels la Cour a une juridiction complémentaire. Dans le premier cas, étant donné que la Cour ne dispose pas d’une police ou de prisons, elle s’appuie sur les organes nationaux pour les services et les installations d’application de la loi, rendant nécessaire l’adoption par chaque état de la législation qui criminalise tous les efforts tendant à gêner l’administration de la justice de la CPI, à travers l’obtention des preuves, l’exécution des mandats de recherche, rechercher, confisquer, arrêter et obliger les personnes à se rendre, les immunités pour les fonctionnaires de la CPI, et des dispositions relatives aux sentences et leur application.

Deuxièmement, étant donné le caractère complémentaire de la CPI, les états auront la responsabilité primordiale d’enquêter et de juger les crimes présumés définis comme exposés dans les statuts de Rome. En exerçant la complémentarité, les états parties légifèrent sur la responsabilité de commander, la responsabilité pénale individuelle, l’exécution des sentences, les immunités, et les définissent dans leur législation intérieure sous la juridiction complémentaire de la CPI.

La CPI a le potentiel de contribuer à la création d’un état de droit transformatif qui offre la justice à des milliers de victimes de crimes commis dans le monde. Potentiellement, elle peut encourager le dialogue, la tolérance, la solidarité et le développement de la culture de paix et de respect des droits humains. La responsabilité de sa mise en œuvre incombe à chacune d’entre nous et à tout le monde.

La Cour pénale internationale : une opportunité pour les femmes

Les statuts de la CPI couramment appelés les statuts de Rome (Rome étant le lieu où ils furent signés) sont un instrument juridiquement contraignant pour les Etats parties. Ils contiennent des opportunités juridiques, politiques et symboliques qui peuvent faire avancer les droits humains des femmes.

Le 23 juin de cette année, le Bureau du Procureur, dirigé par Dr. Luis Moreno Ocampo, annonçait le début des investigations formelles par la CPI dans le cas de la République Démocratique du Congo (RDC). Le cabinet du Procureur enquêtera sur les crimes sous la juridiction de la CPI, crimes commis sur le territoire de la RDC depuis le 1er juillet, 2002 (la date à laquelle les statuts de Rome étaient entrés en vigueur). Les rapports soumis à la Cour attirent l’attention pour la plupart sur le viol, la torture, le déplacement forcé et le recrutement illégal des enfants soldats en RDC. Le conflit armé entre les tribus rivales a eu pour résultat la mort d’au moins 6 millions de civils depuis les années 1999. La plupart de ces morts procèdent des assassinats de masse et des exécutions sommaires amorcés en 2002. Après de nouvelles éruptions de violence en mai de cette année, trente et un mille personnes supplémentaires ont abandonné leurs maisons pour se réfugier au Burundi.1

Dans ce cas, en utilisant les statuts de Rome, les crimes contre les femmes doivent être jugés et poursuivis avec toute la rigueur de la loi. Cela créé un précédent en matière d’investigation de la CPI et donnera dorénavant un avertissement quant au poids donné au viol et à la violence sexuelle aux situations de guerre.

Pourquoi la CPI a t-elle de l’importance ?

La création et la mise en œuvre de la C sont un pas politico juridique important dans les efforts de la communauté internationale pour mettre un terme à l’impunité au niveau mondial. Elle offre une opportunité de conduire les systèmes juridiques nationaux vers une justice sexospécifique et le respect des droits humains. Cet instrument juridique codifie l’enquête et les poursuites contre les crimes de genre à l’égard des femmes; il établit le droit des victimes à la protection et à la participation à certains stades du processus; et il reconnaît leur droit à la restitution, à la compensation et à la réhabilitation. Peut-être les statuts de Rome créé surtout un nouveau modèle de justice en droit international qui symbolise la construction de la paix, plutôt que la sanction de la guerre.

Pour leur propre convenance, de nombreux états n’ont pas ratifié la CPI. Les États-Unis, par exemple, étaient même allés jusqu’à menacer de retirer leur assistance militaire aux états qui ratifieront la CPI sans signer un accord bilatéral (avec les États-Unis) les obligeant à ne pas extrader les citoyens américains devant la Cour.2 Pour contrer le pouvoir politique et économique des pays qui n’ont pas ratifié les statuts de Rome, les états doivent par conséquent incorporer les normes du droit pénal international dans les systèmes juridiques nationaux.

L’incapacité de nos corps législatifs à adopter ces critères menace le principe de la complémentarité3 et nous abandonne entre les mains d’une justice nationale souvent sexiste. Une stratégie clef pour influencer le droit national sur ces questions consiste également à plaider en faveur des mesures internes qui incorporent la reconnaissance progressive de la participation et les procédés de protection des victimes de la CPI, ainsi que les crimes sexuels et sexospécifiques tels que exposés par les statuts de Rome.

Crimes sexuels et sexospécifiques

Le 17 juillet 1998, les statuts de Rome ont fait de grands progrès en codifiant le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée et d’autres formes de violence sexuelle qui sont des infractions de la Convention de Genève en tant que crimes de guerre (Article 8). Ces crimes et abus sexuels étaient aussi en fin de compte reconnus comme crimes contre l’humanité dans les statuts (Article 7). Par conséquent, les violences sexuelles et sexospécifiques sont considérées dorénavant comme aussi criminelles et sérieuses que l’homicide, la torture, le traitement inhumain , la mutilation, l’esclavage, etc.

Le résultat en est que, le statut redéfinis la manière dont le droit interprète les  » nouveaux  » crimes à l’égard des femmes.4 Par exemple, la plupart des crimes énumérés sous les statuts de Rome n’étaient pas spécifiquement reconnus par les Tribunaux militaires de Nuremberg et de Tokyo en 1945-46.5 La loi n° 10 du Conseil local, qui réglementait les procès de deuxième degré Nazis, reconnaissait le viol comme un crime contre l’humanité. Pourtant, personne n’a été poursuivi pour viol. Le tribunal de Tokyo avait utilisé la preuve du viol pour étayer d’autres accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité depuis que le viol, en une accusation, était reconnu comme une sérieuse violation des lois et des coutumes applicables dans des conflits armés internationaux.6

Dans les statuts des tribunaux pénaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda (1993 et 1995), le viol était considéré comme un crime beaucoup plus important que simplement sérieux7 ou qu’une violation des lois ou coutumes de guerre. Au lieu de cela il était reconnu comme crime contre l’humanité.8

Cependant, à travers la jurisprudence de ces tribunaux comme conséquence de la pression du mouvement des droits des femmes, des femmes juges et des procureurs sensibles au genre, le viol et les autres formes de violence sexuelle ou basée sur le genre ont été juridiquement reconnus comme les crimes majeurs les plus sérieux (Bedont et Hall-Martinez, 1999). En 1998, il était établi dans l’affaire Akayesu (Rwanda) où le viol et la mutilation sexuelle des femmes Tutsi étaient considéré comme une forme de génocide et, où le viol était défini comme  » une invasion physique de nature sexuelle, commise dans des circonstances de contrainte. « 9

En effet, la Chambre d’accusation dans l’affaire Akayesu avait déclaré que le viol utilisé comme méthode pour détruire, ou pour provoquer des dommages physiques ou mentaux à un groupe ou des membres d’un groupe, il constituait le génocide. De même, elle a décidé que le viol peut être employé comme méthode pour empêcher un accouchement dans le dit groupe. Par exemple, là où l’ethnicité est déterminé par le père, violer des femmes dans l’intention de les mettre enceinte pour les empêcher de donner naissance à un bébé qui partage leur ethnicité.

 

 

 

LES LITTÉRATURES DE L’IMAGINAIRE EN FRANCE

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Cet article a été composé en 2000 pour l’ancienne version de Folioctet où les sites consacrés aux littératures de l’imaginaire étaient séparées des autres. J’ai changé depuis l’organisation du site, mais les questions que je soulève n’ont pas eu énormément de réponse depuis, elles persistent en moi. Pourquoi la SF a-t-elle si mauvaise presse en France ? Depuis la collection Présence du futur a cessé de paraître, ce que certains ont appelé l’âge d’or de la SF française est mort dans l’oeuf, les Ligny, les Lehmann sont retombés dans l’anonymat des petits cercles. Dommage.

Si je suis un grand amateur de ces littératures dites de l’imaginaire, créer une rubrique spécialement pour elles m’attriste. J’aurais tellement apprécié pouvoir placer cote à cote des auteurs tels que Dan Simmons et Shakespeare, Brussolo et Baudelaire. Mais porno francais voilà ! les esprits français ne sont pas encore prêts (le seront-ils un jour ?) à reconnaitre une véritable place dans le panthéon littéraire pour les écrivains de littératures de loisir. En fait un progrès s’est fait sentir depuis quelques années avec des auteurs qui n’ont pas peur de transgresser les limites des genres : quelqu’un comme Dantec par exemple qui mêle à merveille le polar à l’anticipation et au roman d’aventures.

Je voudrais apporter ma contribution à la défense de ces littératures. Beaucoup d’autres l’ont fait. Je conseille d’ailleurs à tous la lecture de la préface de Serge Lehmann à l’anthologie Escales sur l’horizon, éditée chez Fleuve noir. C’est certainement la meilleure défense française pour la littérature science-fictionnesque.

Tout d’abord le terme de littérature de loisir. En quoi le loisir serait-il dégradant ? Pourquoi le negotium devrait toujours prendre le pas sur l’otium ? Je m’interroge. De grands auteurs de la grande littérature française n’ont-ils pas concilié le plaisir à l’éducation et à la réflexion du lecteur ? Je prends pour exemple La Fontaine, un auteur reconnu par tous. Ses Fables video porno n’étaient-elles pas destinées à l’éducation du Dauphin ? pourtant l’emploi de personnages animaliers étaient là évidemment pour alléger le propos, pour plaire, pour amuser. Il le dit lui-même :

« contons, mais contons bien ; c’est le point principal, C’est tout »

La littérature c’est l’art de raconter des histoires. Si l’on part de ce principe, pourquoi les auteurs de SF sont-ils exclus du temple ? Serait-ce parce qu’ils ne content pas bien ?

C’est un argument souvent employé par les opposants aux littératures populaires. Parlons en des littératures populaires, encore un terme dépréciatif. Populaire, cela signifie-t-il que cela plait au peuple et que par conséquent que sa valeur est moindre parce que trop facilement accessible ? Et Molière, et La Fontaine et Hugo ? Ces auteurs sont parmi les plus populaires, cependant l’Intelligensia littéraire n’y voit rien à redire. Serait-ce seulement parce que ces auteurs sont morts ? J’en ai bien l’impression. Parce que cette élite oublie un mot d’ordre qui est celui de la plupart des grands écrivains considérés comme tels, celui de l’universalité. L’humanisme n’est pas un vain mot pour Rabelais, Voltaire, Hugo, … Les auteurs qui nous ont laissés leur nom sont souvent ceux qui adressaient les messages les plus universels, les plus aptes à être compris par tous les hommes. Les littératures de l’imaginaire sont souvent très loin de l’hermétisme de Mallarmé ou de celui du trobas clos. La complexité n’est pas toujours un gage de richesse, bien au contraire. Pour en revenir à l’accusation de médiocrité de style chez les auteurs de SF et de fantastique, le problème est le même. Qu’est-ce que le bon style ? Certainement une façon d’écrire rafinée, compliquée, soignée. Cette manière (ce tic) propre à l’élite intellectuelle d’aujourd’hui, celle qui revendique une tradition stylistique.

Ah la tradition ! C’est bien sur cela que les hommes de lettres d’aujourd’hui se fondent pour juger les oeuvres qui auraient rompues avec Sainte-Tradition. Pourtant faut-il leur donner un rapide cours d’histoire littéraire ? Depuis le XIXe siècle s’est opéré un mouvement puissant dans tous les arts et dans la littérature. Ce mouvement était une revendication à plus de liberté, à film porno moins de contraintes dans le style. Voyez Musset et ces pièces impossibles à mettre en scène. Voyez Rimbaud et ces poèmes en prose. Voyez l’avènement du vers libre. Voyez l’écriture automatique chez les surréalistes. Voyez l’intérêt de Vian ou de Queneau pour la Science-fiction américaine. Voyez la passion du Nouveau Roman pour le roman policier. Voyez la dissolution du sens chez Ionesco ou Beckett. En bref, prenez conscience que vos valeurs ne sont pas celles de vos prédecesseurs directs. Ou bien alors, reniez les et chantez haut et fort votre amour pour les littératures de copie, de norme, de règles, de la Renaissance et du Classicisme. Les règles n’ont plus à être imposées par une instance, par quelques uns, mais par ceux qui forment le milieu artistique qu’ils ont conçus.

Un autre reproche revient souvent, accouplé à un autre qui, si l’on y prend garde, dit l’inverse. On dit que les littératures de l’imaginaire ne font que répêter incessament les mêmes choses, que ces bouquins manquent d’originalité. D’un autre côté, on dit que ces auteurs écrivent beaucoup trop d’ouvrages pour être honnètes. D’après moi, si tant de livres sortent, c’est évidemment parce qu’il y a beaucoup à dire, c’est parce que les auteurs de SF, etc. ont de l’imagination. S’il y a beaucoup de bouquins inintéressants, ce n’est pas le propre des littératures de l’imaginaire. Cet argument est totalement stupide. Si nous nous penchons sur n’importe quelle époque de l’histoire littéraire nous nous apercevrons que le nombre d’ouvrages qui a traversé la postérité est ridiculement mince au regard du nombre de publications. Bien sûr aujourd’hui, les ouvrages édités sont plus nombreux, le fait est logique. Plus de classes sociales lisent aujourd’hui, les hommes sont plus nombreux, … Tout est affaire de conjoncture.

Si les écrivains de SF, etc. écrivent beaucoup, les raisons sont multiples. Premièrement, il faut l’avouer, c’est réellement ancré dans cette culture. Déjà à l’Age d’or de la SF (années 50 aux USA) les Van Vogt, les Asimov publiaient à tour de bras. Deuxièmement, le besoin pécuniaire est vraiment présent. Dans un pays comme la France, être écrivain de SF n’est pas rentable. Ceux qui vivent de leur plume sont à compter sur les doigts d’une main. Ce qui est d’ailleurs représentatif est que ceux qui font fortune se débarassent bien vite de l’étiquette SF. Bernard Werber en est un exemple frappant, ces histoires de fourmis sont pourtant de la littérature SF. Quelqu’un comme Dantec et ses Racines du Mal est un autre exemple. Son ouvrage entretient des rapports évidents avec le cyberpunk et l’anticipation, pourtant il parait dans la Série noire, parce que le roman policier (autre littérature de loisir) à meilleure presse. Allez comprendre. Un autre grand auteur français a quitté trop tôt le monde de la SF, c’est Serge Brussolo. C’est un réel auteur populaire, au sens noble du terme et, qui plus est, un être à l’intelligence débordante, qui déborde même sur les genres, puisque maintenant c’est dans le roman historique, le polar, ou dans la littéraure mainstream qu’il officie. S’il a abandonné (en partie) le monde de la SF, c’est, semble-t-il, en raison du mauvais esprit qui règne parmi les éditeurs et les écrivains de SF en France. Comme quoi, tout n’est pas rose, même les petits s’entretuent…

Les auteurs de SF écrivent beaucoup. Certes. Ignore-t-on que quelqu’un comme Hugo a composé plus de cent vingt ouvrages ? Qui accuserait Proust d’avoir écrit un roman fleuve, trop long ?

En fait, il serait vain et trop long de continuer cet inventaire. Ce que je veux démontrer est simple : tout ce que l’on peut reprocher à l’une ou l’autre des littératures de l’imaginaire pourrait l’être également à telle ou telle école littéraire qui s’est fait un nom.

Les universitaires, les premiers a plaider contre ces littératures, sont d’une hypocrisie déconcertante. Ils savent pourtant qu’on ne peut traiter un sujet qu’à partir du moment où on l’a défini : demandez à un professeur de fac de vous définir le concept de littérarité ! C’est l’un des terrains de recherche les plus importants de la narratologie, des noms illustres comme celui de Genette s’y sont penchés. Et tous s’y sont cassés les dents. Le concept de littérarité est caduc à ce jour. Sachez-le.

Lisez ce que vous désirez lire sans a priori inconsidéré, ne jugez pas ce que vous ne connaissez pas. Je puis certifier à ceux qui ignorent tout de la Science fiction qu’elle est loin de traiter seulement de batailles spatiales, et qu’elle parle dans un jargon compréhensible par le seul initié. Lisez Brussolo ou Silverberg, et vous verrez que la SF peut-être poétique. Lisez Dan Simmons, et vous verrez que la SF peut-être écrite dans un style d’une grande puissance. Lisez William Gibson, et vous verrez que la SF soulève des problèmes d’une grande actualité.

J’espère qu’un jour l’on pourra composer une encyclopédie littéraire qui placera les auteurs de toutes littératures à côté les uns des autres.

LA CAGE AUX OISEAUX

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Comme l’éminent humaniste Pierre Perret l’a chanté : « Les enfants si vous voyez un p’tit oiseau prisonnier, ouvrez lui la porte vers la liberté ! »

Ouvrons ce carcan qui retient nos imaginations, laissons s’envoler les volatiles obscurs qui végétent sous nos crânes. Tout ça pour dire que plus que jamais Folioctet a besoin de vous, de vos contributions, sous la forme d’articles, de textes ou simplement de commentaires sur les textes des autres.

C’est vous et personne d’autre porno qui êtes garants de la pérennité de ce site. L’utopie d’un internet libre et alternatif même si elle a souvent tout d’une chimère, repose sur des bases simples : interactivité, gratuité, et créativité.

Il faut abolir la frontière factice entre spectateurs et acteurs. Nous sommes les deux à la fois ! Alors n’hésitez plus si pour vous la littérature est un art susceptible de modifier notre perception du monde à défaut d’en révolutionner la nature, ce site est là pour vous videos porno permettre d’exprimer votre sensibilité, vos doutes et vos convictions !

Ce site est à moi, ce site est à vous !

Juju.

Les littératures de l’imaginaire en france

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Cet article a été composé en 2016 pour l’ancienne version de Folioctet où les sites consacrés aux littératures de l’imaginaire étaient séparées des autres. J’ai changé depuis l’organisation du site, mais les questions que je soulève n’ont pas eu énormément de réponse depuis, elles persistent en moi. Pourquoi la SF a-t-elle si mauvaise presse en France ? Depuis la collection Présence du futura cessé de paraître, ce que certains ont appelé l’âge d’or de la SF française est mort dans l’oeuf, les Ligny, les Lehmann sont retombés dans l’anonymat des petits cercles. Dommage.

Si je suis un grand amateur de ces littératures dites de l’imaginaire, créer une rubrique spécialement pour elles m’attriste. J’aurais tellement apprécié pouvoir placer cote à cote des auteurs tels que Dan Simmons et Shakespeare, Brussolo et Baudelaire. Mais voilà ! les esprits français ne sont pas encore prêts (le seront-ils un jour ?) à reconnaitre une véritable place dans le panthéon littéraire pour les écrivains de littératures de loisir. En fait un progrès s’est fait sentir depuis quelques années avec des auteurs qui n’ont pas peur de transgresser les limites des genres : quelqu’un comme Dantec par exemple qui mêle à merveille le polar à l’anticipation et au roman d’aventures.

Je voudrais apporter ma contribution à la défense de ces littératures. Beaucoup d’autres l’ont fait. Je conseille d’ailleurs à tous la lecture de la préface de Serge Lehmann à l’anthologie Escales sur l’horizon, éditée chez Fleuve noir. C’est certainement la meilleure défense française pour la littérature science-fictionnesque.

Tout d’abord le terme de littérature de loisir. En quoi le loisir serait-il dégradant ? Pourquoi le negotiumdevrait toujours prendre le pas sur l’otium ? Je m’interroge, porno. De grands auteurs de la grande littérature française n’ont-ils pas concilié le plaisir à l’éducation et à la réflexion du lecteur ? Je prends pour exemple La Fontaine, un auteur reconnu par tous. Ses Fables n’étaient-elles pas destinées à l’éducation du Dauphin ? pourtant l’emploi de personnages animaliers étaient là évidemment pour alléger le propos, pour plaire, pour amuser. Il le dit lui-même :

« contons, mais contons bien ; c’est le point principal, C’est tout »

La littérature c’est l’art de raconter des histoires. Si l’on part de ce principe, pourquoi les auteurs de SF sont-ils exclus du temple ? Serait-ce parce qu’ils ne content pas bien ?

C’est un argument souvent employé par les opposants aux littératures populaires. Parlons en des littératures populaires, encore un terme dépréciatif. Populaire, cela signifie-t-il que cela plait au peuple et que par conséquent que sa valeur est moindre parce que trop facilement accessible ? Et Molière, et La Fontaine et Hugo ? Ces auteurs sont parmi les plus populaires, cependant l’Intelligensia littéraire n’y voit rien à redire. Serait-ce seulement parce que ces auteurs sont morts ? J’en ai bien l’impression. Parce que cette élite oublie un mot d’ordre qui est celui de la plupart des grands écrivains considérés comme tels, celui de l’universalité. L’humanisme n’est pas un vain mot pour Rabelais, Voltaire, Hugo, … Les auteurs qui nous ont laissés leur nom sont souvent ceux qui adressaient les messages les plus universels, les plus aptes à être compris par tous les hommes. Les littératures de l’imaginaire sont souvent très loin de l’hermétisme de Mallarmé ou de celui du trobas clos. La complexité n’est pas toujours un gage de richesse, bien au contraire. Pour en revenir à l’accusation de médiocrité de style chez les auteurs de SF et de fantastique, le problème est le même. Qu’est-ce que le bon style ? Certainement une façon d’écrire rafinée, compliquée, soignée. Cette manière (ce tic) propre à l’élite intellectuelle d’aujourd’hui, celle qui revendique une tradition stylistique.

Ah la tradition ! C’est bien sur cela que les hommes de lettres d’aujourd’hui se fondent pour juger les oeuvres qui auraient rompues avec Sainte-Tradition. Pourtant faut-il leur donner un rapide cours d’histoire littéraire ? Depuis le XIXe siècle s’est opéré un mouvement puissant dans tous les arts et dans la littérature. Ce mouvement était une revendication à plus de liberté, à moins de contraintes dans le style. Voyez Musset et ces pièces impossibles à mettre en scène. Voyez Rimbaud et ces poèmes en prose. Voyez l’avènement du vers libre. Voyez l’écriture automatique chez les surréalistes. Voyez l’intérêt de Vian ou de Queneau pour la Science-fiction américaine. Voyez la passion du Nouveau Roman pour le sexo xxx. Voyez la dissolution du sens chez Ionesco ou Beckett. En bref, prenez conscience que vos valeurs ne sont pas celles de vos prédecesseurs directs. Ou bien alors, reniez les et chantez haut et fort votre amour pour les littératures de copie, de norme, de règles, de la Renaissance et du Classicisme. Les règles n’ont plus à être imposées par une instance, par quelques uns, mais par ceux qui forment le milieu artistique qu’ils ont conçus.

Un autre reproche revient souvent, accouplé à un autre qui, si l’on y prend garde, dit l’inverse. On dit que les littératures de l’imaginaire ne font que répêter incessament les mêmes choses, que ces bouquins manquent d’originalité. D’un autre côté, on dit que ces auteurs écrivent beaucoup trop d’ouvrages pour être honnètes. D’après moi, si tant de livres sortent, c’est évidemment parce qu’il y a beaucoup à dire, c’est parce que les auteurs de SF, etc. ont de l’imagination. S’il y a beaucoup de bouquins inintéressants, ce n’est pas le propre des littératures de l’imaginaire. Cet argument est totalement stupide. Si nous nous penchons sur n’importe quelle époque de l’histoire littéraire nous nous apercevrons que le nombre d’ouvrages qui a traversé la postérité est ridiculement mince au regard du nombre de publications. Bien sûr aujourd’hui, les ouvrages édités sont plus nombreux, le fait est logique. Plus de classes sociales lisent aujourd’hui, les hommes sont plus nombreux, … Tout est affaire de conjoncture.

Si les écrivains de SF, etc. écrivent beaucoup, les raisons sont multiples. Premièrement, il faut l’avouer, c’est réellement ancré dans cette culture. Déjà à l’Age d’or de la SF (années 50 aux USA) les Van Vogt, les Asimov publiaient à tour de bras. Deuxièmement, le besoin pécuniaire est vraiment présent. Dans un pays comme la France, être écrivain de SF n’est pas rentable. Ceux qui vivent de leur plume sont à compter sur les doigts d’une main. Ce qui est d’ailleurs représentatif est que ceux qui font fortune se débarassent bien vite de l’étiquette SF. Bernard Werber en est un exemple frappant, ces histoires de fourmis sont pourtant de la littérature SF. Quelqu’un comme Dantec et ses Racines du Mal est un autre exemple. Son ouvrage entretient des rapports évidents avec le cyberpunk et l’anticipation, pourtant il parait dans la Série noire, parce que le roman policier (autre littérature de loisir) à meilleure presse. Allez comprendre. Un autre grand auteur français a quitté trop tôt le monde de la SF, c’est Serge Brussolo. C’est un réel auteur populaire, au sens noble du terme et, qui plus est, un être à l’intelligence débordante, qui déborde même sur les genres, puisque maintenant c’est dans le roman historique, le polar, ou dans la littéraure mainstream qu’il officie. S’il a abandonné (en partie) le monde de la SF, c’est, semble-t-il, en raison du mauvais esprit qui règne parmi les éditeurs et les écrivains de SF en France. Comme quoi, tout n’est pas rose, même les petits s’entretuent…

Les auteurs de SF écrivent beaucoup. Certes. Ignore-t-on que quelqu’un comme Hugo a composé plus de cent vingt ouvrages ? Qui accuserait Proust d’avoir écrit un roman fleuve, trop long ?

En fait, il serait vain et trop long de continuer cet inventaire. Ce que je veux démontrer est simple : tout ce que l’on peut reprocher à l’une ou l’autre des littératures de l’imaginaire pourrait l’être également à telle ou telle école littéraire qui s’est fait un nom e videos xxx.

Les universitaires, les premiers a plaider contre ces littératures, sont d’une hypocrisie déconcertante. Ils savent pourtant qu’on ne peut traiter un sujet qu’à partir du moment où on l’a défini : demandez à un professeur de fac de vous définir le concept de littérarité ! C’est l’un des terrains de recherche les plus importants de la narratologie, des noms illustres comme celui de Genette s’y sont penchés. Et tous s’y sont cassés les dents. Le concept de littérarité est caduc à ce jour. Sachez-le.

Lisez ce que vous désirez lire sans a priori inconsidéré, ne jugez pas ce que vous ne connaissez pas. Je puis certifier à ceux qui ignorent tout de la Science fiction qu’elle est loin de traiter seulement de batailles spatiales, et qu’elle parle dans un jargon compréhensible par le seul initié. Lisez Brussolo ou Silverberg, et vous verrez que la SF peut-être poétique. Lisez Dan Simmons, et vous verrez que la SF peut-être écrite dans un style d’une grande puissance. Lisez William Gibson, et vous verrez que la SF soulève des problèmes d’une grande actualité.

J’espère qu’un jour l’on pourra composer une encyclopédie littéraire qui placera les auteurs de toutes littératures à côté les uns des autres.

Diffuser quoi?

Vos communiqués, articles, lettres ouvertes, annonces sur vos activités, appels à l’action, mémoires… Voyons ça d’un peu plus près.

Ta bouche, fondamentale contre le fondamentalisme Des pétitions à signer en ligne et des appels à faire parvenir des lettres par la poste ou à contacter les député-es complètent très bien des campagnes d’action « papier ».

Votre bulletin de liaison peut être diffusé par courriel aux personnes intéressées à être tenues au courant sur ce que vous faites, de même que vos mémoires, recherches, analyses film porno, kits pour agir… Vous pourriez aussi faire des économies en offrant à vos membres la possibilité de vous soutenir en se contentant de recevoir vos documents dans un format électronique plutôt que papier. Vous pourriez aussi mettre en ligne une sélection d’articles en les copiant-collant dans des sites à publication ouverte.

Les médias « traditionnels » reçoivent vos communiqués qui pourraient aussi fort bien circuler dans Internet.

Vous faites parvenir des lettres ouvertes à la presse papier. C’est bien, mais elles ne sont pas toujours publiées. Quand c’est le cas, elles sont parfois coupées. Dans tous les cas, pourquoi ne pas les publier aussi dans des cybermédias et les diffuser dans des listes de discussion?

Des sites Web offrent la possibilité d’annoncer gratuitement les événements que vous organisez. Pourquoi ne pas profiter de ces agendas quand vous souhaitez rejoindre plus de femmes?

Vous recevez les annonces et communiqués de groupes de femmes de votre région. Chanceuse! Il y a 17 régions au Québec. En se basant sur les informations qui circulent dans l’Internet québécois, on pourrait presque conclure qu’il n’y en a à peu près qu’une et toujours la même. Pourquoi ne pas les rediffuser dans une liste de dicussion? Vous pourriez aussi en lancer une pour votre région.

Selon vous, si telle initiative locale était mieux connue, elle en inspirerait d’autres. Avec Internet, il n’en tient qu’à vous qu’elle le soit. Si vous ne le faites pas, qui le fera?

Vous vous intéressez particulièrement à un domaine porno e d’activités et vous trouvez de temps en temps des contenus intéressants sur Internet. Pourquoi ne pas partager ces informations dans une liste de discussion?

Et ainsi de suite…

Le mouvement des femmes de Lanaudiere brillera par son absence

Joliette, le 2 juin 2004 – La Table de concertation des groupes de femmes de Lanaudière (TCGFL) qui rassemble vingt groupes de femmes et comités en condition féminine à travers les 6 MRC de la région, désapprouve avec vigueur la consultation gouvernementale? Briller parmi les meilleurs? Qui se tiendra dans notre région le 6 juin prochain. Les  groupes membres de la TCGFL sont fort inquiets vis-à-vis la pertinence et le degré de précipitation qui caractérise cette initiative.

Comme citoyennes et militantes dans le mouvement des femmes, nous travaillons à l’avènement de changements qui vont dans le sens du progrès su videos xxx. Toutefois nous refusons de participer à un processus de consultation à caractère anti-démocratique où l’organisation ne favorise pas une pleine participation citoyenne et  donne peu de place pour débattre d’enjeux aussi fondamentaux que la santé, l’éducation et l’emploi.

Depuis des années la TCGFL recherche de l’égalité dans la réalisation d’une société plus juste et équitable. Depuis que le gouvernement Charest est au pouvoir, nous tentons de combattre ce rouleau compresseur qui menace de déchiqueter le filet de sécurité et de solidarité sociale pour lequel des femmes ont tant lutté ! Cette consultation à saveur essentiellement économique tente de faire valider le projet de réingénierie de l’État  qui va dans le sens de l’intérêt individuel plutôt que collectif, du recours à l’entreprise privée et du désengagement de l’État.

Dans la continuité d’une société démocratique fondé sur le respect de l’ensemble des droits humains, le mouvement des femmes de Lanaudière demande à ce que le gouvernement Charest témoigne d’une réelle volonté à réaliser l’égalité pour toutes les femmes notamment en matière de lutte à la pauvreté et de violence faite aux femmes.

Lors  du  grand  rassemblement du Collectif D’abord solidaires, tenu à l’Université  de Montréal les 28, 29 et 30 novembre (voir http://www.cybersolidaires.org/actus/solidaires.html), le chercheur Francis Dupuis-Déri du Massachusets Institute of Technology (MIT),  était invité à répondre  à  la  question:  le  féminisme est-il porteur d’un projet social rassembleur pour toutes les Québécoises et tous les Québécois?

Sa  réponse: le féminisme est avantageux tant pour les hommes que pour les  femmes.  Il  a  distingué  deux  types de féminisme. Le premier est le féminisme libéral. C’est celui qui a permis l’égalité juridique des femmes : droit  de  vote,  capacité  juridique  de la femme mariée, divorce, etc. Le second  est  le féminisme radical. C’est celui qui donne de l’urticaire aux masculinistes,  ces  hommes  qui  trouvent  que « le féminisme est allé trop loin ».

C’est  grâce  au  féminisme  radical  que l’identité des hommes et des femmes  a  pu  être  questionnée.  C’est le féminisme radical qui a le plus apporté aux hommes car c’est celui qui a contribué à libérer les hommes des stéréotypes  sexuels a le videos porno: les hommes ne doivent pas pleurer, ils doivent cacher leurs  émotions,  ils  doivent  toujours  se montrer forts, ils n’ont pas à s’occuper des enfants, etc. Il a rendu les hommes plus intelligents et plus sensibles. Il les a libérés de leur  » ennemi intérieur » et les a davantage humanisés.

Ce  féminisme  radical  a  causé  une révolution tranquille, donc il a entraîné  un  ressac,  d’où le ressentiment de certains hommes pour qui,ce qui va mal, c’est à cause des féministes.

Les masculinistes ont trois griefs principaux face aux féministes:
1. les hommes ont un taux de suicide plus élevé;
2. les garçons décrochent davantage de l’école que les filles;
3.  les hommes perdent souvent la garde des enfants en cas de séparation ou
de divorce.

Si  on  analyse  à fond ces griefs, on découvre des faits surprenants. Par  exemple,   les  hommes  se suicident davantage que les femmes au moins depuis  les années ’50. Or les féministes n’avaient pas le haut du pavé ces années-là. Il  faut  faire  un  travail  d’éducation  populaire  pour  contrer le discours des masculinistes.

Certaines  femmes se disent non féministes mais quand on les interroge sur leurs opinions, on découvre qu’elles sont des féministes radicales…
M.   Dupuis-Déri   a   également   parlé  des  anarcho-féministes qui recherchent des modèles d’organisation davantage horizontaux que verticaux.

Québec : Briller par notre présence à l’extérieur

Les forums régionaux convoqués par le gouvernement Charest ont commencé à la mi-mai. Avec ces forums, le gouvernement prétend qu’il veut faire « place aux citoyens » (et les citoyennes?) et préparer la société québécoise à « briller parmi les meilleurs ». Il les a placés sous la responsabilité des Conférences régionales des élus qui invitent la population à réfléchir aux « solutions applicables à quatre grand thèmes (santé et services sociaux; éducation, formation et emploi; développement économique régional; famille et développement social) reliés au vieillissement de la population et à l’état des finances publiques ». Ce travestissement de la délibération publique et démocratique s’inscrit dans les règles de gouvernance de l’école néolibérale du « nouveau management xxx« .

D’abord, les questions fondamentales sont écartées du débat. Qu’en est-il des grands principes et des valeurs qui doivent orienter l’action publique? Où en est-on par rapport au processus de « réingénierie » de l’État et quel rôle veut-on conférer à l’État? Pourquoi une société doit-elle se doter de services publics? L’entreprise privée est-elle le seul moteur du développement économique? Le débat devrait se cantonner à la mise en oeuvre sectorielle (santé, éducation, développement régional, famille) de principes que le gouvernement refuse de soumettre à la discussion publique.

Ensuite, on met en place la fameuse maxime de Margaret Thatcher sur le fait que « la société n’existe pas ». Plutôt que de discuter avec les groupes organisés que sont les diverses institutions dont s’est dotée la société civile, le gouvernement procède à une sélection aléatoire de citoyen-nes atomisés, comme pour les sondages d’opinion. Une telle atomisation s’inscrit dans le droit-fil du credo libéral selon lequel il n’y a que des individus et qui nie les principes élémentaires de la délibération publique. Au mieux, les citoyen-nes pourront juxtaposer leurs opinions, en ayant à peine le temps de les émettre. Autant faire un sondage téléphonique!

Enfin, de telles consultations-bidons font partie des règles de « bonne gouvernance » énoncées par l’école du « nouveau management public » qui prône la concertation tout en niant les conflits sociaux. C’est pourquoi il appartient au pouvoir politique de déterminer la liste des invité-es vus comme des « partenaires » engagés dans un travail d’application pratique de grandes orientations déterminées en dehors de leur contrôle. La politique se trouve ainsi évidée de ses principes et des choix préalables à la décision au profit d’une gestion technique des populations et des deniers publics. Par ailleurs, de tels forums constituent une opération de marketing politique, puisqu’ils sont sensés refléter l’ouverture et la capacité d’écoute du gouvernement.

Face à un gouvernement qui demeure sourd à nos valeurs, tout en refusant de soumettre les siennes au débat public sous prétexte qu’il a un mandat et une majorité des sièges à l’Assemblée nationale, nous devons pratiquer la politique de la chaise vide. Face à la population qui veut du changement, nous devons engager le dialogue et nourrir le débat. C’est pourquoi nous serons présent-es à l’extérieur au nom de la démocratie et de la délibération publique.