Nouveau medium: nouveau combat?

L’Internet n’est pas seulement un espace mercantile. Un des attraits du Web réside précisément dans le fait qu’il représente un porte-voix, un moyen pour les minorités de se faire entendre plus démocratiquement. Les femmes ont été et sont toujours une minorité d’un point de vue social, politique et économique. Si, dans la réalité, les femmes peinent à se faire entendre au travers des média traditionnels, peinent à grimper en haut de l’échelle sociale -le fameux ceiling glass- la toile offrent dans ce cas des opportunités considérables pour faire valoir leurs revendications, leurs créations, leur professionalisme aussi. Que ce soit pour se défendre, revendiquer leur place dans les NTIC ou créer librement, les femmes ont su tirer parti du Web. Dans le contexte de la mise en place de la parité, ces progrès ne passent pas inaperçus.

1. La défense des intérêts des femmes :

Plusieurs groupes et associations ont mis à jour, depuis plusieurs années déjà, leur traditionnel travail en réseau en investissant le Web.

Ainsi des organisations non-gouvernementales travaillent pour la paix dans le monde et l’égalité des sexes, comme Womenwatch qui s’organise par les trois bureaux de femmes de l’ONU : le Division for the Advancement of Women, United Nations Development Fund for Women, International Research and Training Institute for the Advancement for Women). On y retrouve -entre autres- les textes officiels de la 4e Conférence Mondial sur les Femmes de Beijing de 1995. la conférence mondiale des femmesDans le même esprit, on retrouve l’Association for Progressive Communications qui vise à favoriser l’accès des femmes du monde entier aux NTIC et combler le fossé Nord/Sud. Pour ce faire, le site offre une formation à l’Internet en 18 langues! Le site de l’ONG de développement des femmes Enda relie, lui, des groupes de femmes africaines francophones autour de thèmes tels que excision, santé, prostitution, contraception…. En France, le Conseil du Statut de la Femme agit contre les discriminations sexuelles.

Dans le domaine politique, Parité-Info , datant de 1997, avec le soutien de l’ « unité pour l’égalité des chances » (au sein de la Commission Européenne), accompagne le mouvement pour la parité des hommes et des femmes dans la vie publique et politique en Europe.

On ne peut passer à côté de quelques sites d’associations de femmes qui luttent pour leur émancipation dans les pays à régimes autoritaires. Ils représentent des mines d’informations et de témoignages : Des femmes du Pakistan (RAWA), d’Afghanistan (Pacawon), du Tibet (TWA), d’Afrique (ENDA-SYNFEV) ou enfin d’ex-Yougoslavie (E-mail des Electronic Witches) discutent des problèmes liés à leur condition de femmes dans leur pays respectifs. En outre, ces femmes abordent de front les thèmes de démocratie, liberté et, à ce titre, le site des Four Mothers est éclairant : il regroupe 4 femmes du nord d’Israël qui oeuvrent à leur manière pour la paix en communiquant avec des femmes du Liban.

2. Le cyberféminisme :

« Cyberfeminism as a philosophy has the potential to create a poetic, passionate, political identity and unity without relying on a logic and language of exclusion or appropriation. »
Nancy Paterson 1997, Cyberfeminism
http://www.public.asu.edu/~dmb333

Les associations féministes se sont rapidement développées sur le Web ; dans les pays anglo-saxon, les premiers sites sont apparus dès les débuts de l’Internet. C’est aujourd’hui un réseau international qui s’étend sur la toile on ne peut qu’être étonné(e) par sa grande diversité, son extrême richesse. Leur but est de lutter contre l’image trop sexuée de la femmes que l’on trouve sur le Web et dans la société d’aujourd’hui.
Il ne s’agit pas ici de faire une énumération des pages, d’autant qu’ils sont innombrables et qu’en visitant un de ces sites, on a à disposition des listes tout à fait exhaustives. Nous préférons de ce fait citer les incontournables et quelques sites moins connus. Je dois préciser qu’en naviguant sur certains moteurs de recherche, je suis tombée, en tapant ‘féminisme’, sur plus de sites anti- que pro-féministes!

Les sites féminites à portée de clicLes site français incontournables:

*Le site des Pénélopes reste un must. Il est destiné à relayer, diffuser l’information par et pour les femmes en liant réflexion et une création graphique admirable ; il est devenu LA référence française des sites féministes (voir commentaire infra):
www.mire.net/penelopes

*Un site très professionnel aussi mais moins féministe -quoique-, Internénettes regroupe des femmes travaillant dans les NTIC. Il y a des rubriques ‘boire’, ‘manger’ et ‘rire’ et elles n’hésitent pas à passer au crible les nouvelles, les évênements, les gens dans une perspective humoristique et critique. Une liste de sites perso et collectifs recense des créations originales, parfois introuvables ailleurs.
Imitées d’ailleurs par les Cyberchieuses:
www.cyberchieuses.com

*Des sites sont plus informatifs :
www.ducotedesfemmes.asso.fr répertorie ses sites féministes préférés
Planetfemmes est aussi un site informatif, mais il axe en outre son travail sur le décorticage -d’un point de vue de femme bien sûr- des sites sur le Web. Ainsi, une étude pertinente sur les propriétaires des sites féminins montre clairement que seuls deux sites français étaient faits PAR et pour les f@mmes…Les Internénettes et les Pénélopes. Tous les autres appartenaient à des hommes. Et aux rédactices d’en conclure : « seuls 2 sites sont féministes »…A bon entendeur…

*Du « vrai » au « virtuel » :
MixCité représente un mouvement féministe mixte pour l’égalité des sexes. L’organisation existe hors de la toile.
Les Chiennes de Garde sont aussi sur le Net! regroupant pas mal de ‘personnalités’, cette assoc’ lutte contre les insultes sexistes et la vision dégrandante de la femme dans notre société. Attention ! elles ne mordent pas que sur le Net et font des vagues… leur combat nous est conté.

*Le charme des sites perso :
Un site admirable, saisissant par son acuité et son franc-parler (voir les citations involontaires dans « textes engagés »!) :
www.chez.com/charlottem/
Le site plus rebel de Guillermito zone affiche dans une de ses pages un répertoire d’autres sites perso.
La Pie : ‘rapporte, colporte, raconte’… elle nous livre les info féministes au jour le jour

*Les sites féministes plus spécifiques:
Voix d’elles Rebelles, se bat pour les droits des femmes notamment les jeunes et les femmes issues de l’immigration,
Netfemmes.org aide la f@mme à s’emparer du Web par le biais de l’éducation et met à disposition un inventaire de listes de diffusion.
Citons enfin le très actif site du StudioXX. qui aide les femmes à faire valoir leurs créations artistiques, grâce à l’association des , et qui organise régulièrement des festivals d’art pour femmes.

Les grands sites anglophones:

Ils sont les plus nombreux, personne n’en doutera. Déjà bien ancrés dans la toile, les sites féministes anglophones revendiquent le ‘woman power’, abordent -légerement et sérieusement- tous les sujets et visent à améliorer la vie des f@mmes au quotidien. Ils ne laissent pas de surprendre…

*Le pionnier des sites féministes est un site australien :
http://www.geekgirl.com

*Les théories féministes en ligne :
www.cddc.vt.edu/feminism

*Bon nombre de sites proposent aux femmes de s’initier au Web et agissent contre le sexisme sur la toile et dans la réalité avec des moyens d’action variés :
www.guerrillagirl.com . Ce site des Guerrillagirls est original à maints égards. Anonymes, dans le sens où ces « guérilléras » revêtent un masque de gorille sur les photos, elles publient des posters, dont certains sont très connus (celui de 97 affichait ‘le Web est compsé de 84.5% d’hommes et de 82.3% de blancs. Jusqu’à maintenant’ ; celui de 99 s’oppose aux Oscars et dénonce la prédominance masculine dans l’art). Agitatrices résolues, leur revendications méritent d’être saluées d’un coup de chapeau car elles vont au coeur du problème.
Notons les « pissed-off women » de Los Angeles : www.powonline.org
On peut également nommer des sites moins « agressifs » dans leur approche :
Le gigantesque réseau des Webgrrls,
Fem+mass qui ont des idées bien campées tout de même,
www.feminist.com/home1.htm ,
www.womenswire.com (on y trouve de tout mais il reste très focalisé sur les USA),
www.feminist.org

*Un forum pour femmes:
www.wwwomen.com

*des news groupes féminins :
alt.feminism, alt.women.attitudes, uk.org.women-in-comp, alt.women.supremacy

*Très utile : http://www.femina.com, véritable annuaire de sites consacrés aux femmes, un Yahoo pour femmes! 🙂

Et ça bouge partout ailleurs :

*En Belgique : http://www.belgique.be
*En allemagne : http://www.uni-bielefeld.de/IFF/fraueninfonetz au Web, citoyenne!
*En Italie : http: //labveneziana.tol.it/~cyber/infoperla
*En Autriche : http://www.onb.ac.at/ariandne.htm

*Pour les femmes musulmanes au moyen-Orient, région Afrique
http://www.baobab.com.ng

*En Afrique, le site www.impactafrica.org est un site de réflexion, cherchant à développer Internet chez les femmes africaines pour les ouvrir sur le monde.

*Pour terminer, des initiative Ô combien encourageantes :
Celle du réseau européen des hommes pro-féministes, luttant contre le patriarcat sur le réseau! Si si! :
www.menprofeminist.org
Tout un ensemble de sites d’hommes rejetant la violence dans le couple, la discrimination, la pornographie, soutiennent les féministes :
les ‘Meninists’, les Men against violence, against pornography, Men for Change ou MensNet

Le Web comme réappropriation du savoir, de l’histoire

C’est par cette citation que le National Women History Project ouvre son site. En effet, les ouvrages féministes ne trouvent pas toujours preneurs dans le monde de l’édition, sont difficiles à trouver et ont parfois des éditions limitées. L’espace Internet permet à des bibliothèques de se spécialiser dans cette sorte d’ouvrages, à des éditeurs ou particuliers de rééditer des livres épuisés, de les vendre dans le monde entier et de faire de la publicité pour de nouveaux venus. Le Web représente donc une manne pour des études dans une perspective de genre (gender studies). Les sites proposant des ouvrages féministes sont encore une fois bien plus nombreux dans les pays anglo-saxons, puisque ce domaine de recherche est assez peu développé dans des pays comme la France…voire quasi inexistant.

Il existe donc des bibliothèques parfois très fournies ( www.uky.edu/Librairies/avws.html ), des librairies on-line (Artémis) ou encore des maisons d’éditions (celles des Editions des femmes a toujours historiquement soutenu la cause féministe et se retrouve sur le Web pour faire la promotion on-line des ouvrages anciens et nouveaux). Le site québecois ClicNet, culturel et littéraire propose une liste exhaustive de textes en français sur la condition féminine. Women in America, relate l’histoire des femmes de 1820 à 1942. On peut se référer au centre américain d’études des femmes et de la politique pour des études de genre en sociologie, politique, histoire (http://www.rci.rutgers.edu/~cawp/ ). Les pages de 4000 years of Women in Science retracent les circonstances historiques de la présence des femmes dans les sciences. Voir page annexe ‘en image’

On peut, par ailleurs, trouver des sites biographiques sur de grandes féministes dans l’histoire comme, évidemment, Simone de Beauvoir, mais aussi d’Olympe de Gouges (18e) ou encore Mme de Graffigny (18e)… Il suffit de surfer un peu…

on dit que les femmes BAVARDENT Des exemples prouvent qu’une mobilisation virtuelle peut porter ses fruits, même hors de la toile. Le site Women Leaders Online (WLO), outre ses activités traditionnelles, se livre à un véritable combat féministe par le biais de la toile. Par exemple, il a lancé une offensive l’an dernier contre le show radiophonique de Rush Limbaugh. Ce dernier était financé par Amazon.com alors que le présentateur était ouvertement anti-féministe (il les avait traitées de ‘feminazis’…). Le 15 mars 1999, les membres de WLO sont appelé(e)s à écrire à Amazon afin de jouer clairement du chantage. ‘Nous, femmes, achetons vos livres, nous sommes des clientes non négligeables, veuillez arrêter le financement d’un tel show’. Après un lobbying intense, Amazon décide le 18 avril de stopper son financement! Leur nouveau combat porte désormais sur le refus de la chaîne de magasins Wal-Mart de commercialiser des pilules contraceptives du lendemain alors qu’elle accepte de mettre sur le marché des armes et du Viagra (les deux symboles du machisme selon elles)…les membres reçoivent, de ce fait, des instructions pour convaincre Wal-Mart : ‘j’ai acheté des pilules dans un autre magasin des pilules puisque vous n’en vendez pas, pourtant vous vendez du Viagra…vous allez perdre des clientes…’ Judicieuses car réalistes, les activistes américaines jouent avec les failles du système. Elles ont un pouvoir d’achat consistant, alors, elles ont les moyens de se défendre. Aux USA, the National Organisation of Women (NOW) encourage des candidat(e)s féministes à se présenter aux postes fédéraux et sénatoriaux, jouant de leur influence, en tant que groupe de pression anciennement implanté dans le pays.

Etant donné que sur le Web on trouve de tout, penchons-nous aussi sur les sites anti-féministes (il faut y aller pour apprécier la finesse des propos et la détermination de détracteurs du féminisme : « ceux qui critiquent les femmes sont aussitôt taxés d’anti-féministes donc pourquoi hésiter à se revendiquer anti-féministe? » comme celui-ci (cliquez!). Il arguera qu’il a une bibliographie originale pour appuyer ses dires). Certains vont plus loin et affichent leur dégoût pour la gente féminine ( j’en ai déniché un, nommé misogyny unlimited !….). Afin de pouvoir éviter certains écueils du Web, Brillo a crée une hitlist qui répertorie les sites à ne pas visiter, dans le genre du site des femmes pour l’unité … de la race aryenne (:-[ , ou STRAIGHT, c’est-à-dire « Society To Remove All Immoral Homosexual Trash », ou encore backlash proposant d’éradiquer les discours « vagino-élitistes ». Les sites vraiment dangereux (il faut parfois le voir pour le croire) sont listés dans des organisations non-gouvernemantales dans le genre de hatewatch.org.

Pourquoi s’intéresser au Web plus spécifiquement? Après tout, ce n’est qu’un support au même titre que les journaux, le télévision voire le cinéma, non? Certes, mais le Web n’est pas un moyen d’information comme les autres et c’est tant mieux pour les femmes.

La prise du web…par les femmes

A ce sujet, je vous renvoie au site des Pénélopes, où, dans la rubrique « actus » (mouveaux média et internet au féminin), on peut trouver bon nombre d’articles sur le thème des femmes des nouvelles technologies ; notamment un article de réflexion de Joëlle Palmieri, responsable de cette organisation. « Plus les femmes seront présentes sur le Net, plus elles le seront dans les média », nous dit-elle. C’est dire l’importance que les femmes attachent à la prise de possession du Web. De plus, J. Palmieri ajoute qu’ « Internet représente un concept média radicalement différent des média traditionnels : il est horizontal (désynchronisation, déspatialisation) et transversal. Cela concrétise l’échange, le facilite, le rend plus rapide. Il traverse tous les domaines politiques, économiques et sociaux.
De ce fait, ce concept rejoint ce qui caractérise les organisations des femmes : solidarité, échanges d’expérience, analyse féministe des sociétés partiarcales et de leur conséquences sur la vie quotidienne. » Enfin, elle précise qu’Internet reste un enjeu majeur pour les jeunes filles non seulement en terme d’emplois mais aussi pour l’ouverture au monde, puisqu’il est par nature international. Nombre d’études concernant les propriétés de l’Internet se réfèrent à ces qualités, à savoir son aspect international, son absence de hiérarchie et la non-discrimination qu’il permet -une fois que l’on a accès à un ordinateur tout de même. Puique les femmes, féministes, n’ont pas tribune dans la presse traditionnelle, hormis les chiennes de garde …qui regroupent des personnalités connues, elles se lancent dans le Net et s’adaptent à sa forme de langage. Néanmoins, pour aller de l’avant, J. Palmieri voit en l’Internet « une arme » car il offre le pouvoir de l’information et de sa circulation. On peut aussi s’organiser, s’allier…l’union fait la force.
Il est intéressant, par ailleurs, de noter que le cyberféminisme fait l’objet d’études de plus en plus nombreuses sur le Web. J’ai relevé deux sites qui, eux-mêmes, renvoient à diverses références. Le site de R. Bradotti parle du cyberféminisme en terme de post-modernité (voir les thèses d’Ingleheart). Le second site nous rappelle justement en introduction que c’est une femme qui a inventé le premier programme pour ordinateur. Il entre ensuite dans une analyse détaillé de ce nouveau phénomène qui conduit à un retour des femmes sur le devant de la scène et à un façonnage progressif de ce médium à leur image.
Le site des Pénélopes est à bien des égards représentatif de la montée des sites féministes -très pro d’ailleurs- qui ont su, s’approprier les NTIC. Par le truchement de l’interactivité, elles peuvent renvoyer à des librairies, bibliothèques, sites féministes peu connus. De même, grâce à leur multiples connections dans le monde, elles recueillent des info inédites que les journalistes viennent ensuite consulter. De même, elles peuvent faire circuler des info relatives au genre non diffusées par les canaux médiatiques ordinaires. On ne s’étonnera pas alors que les interviews se soient mutlipliées depuis la création du site. Ce dernier transmet même aujourd’hui un WebCam Program, ou émission interactive sollicitée par CanalWeb (tous les mercredis soirs dès 19H30). Les Pénélopes comptent ainsi modifier l’image de la femme dans les média, en tant qu' »actrice » (réalisatrices, conceptrices..), « sujet » (violences, travail…) et « public ».

Autre perspective à trouver dans les chroniques de Cybérie , le site Intérieur Nuit qui interroge 2 femmes aux prises avec les NTIC. L’une travaille à Amazone, l’autre gère un portefeuille professionnel pour Agfa chez Compuserve. Ces 2 pro nous révèlent comment les femmes appréhendent le Net quand elles veulent autre chose que des fringues, des bijoux ou des conseils de psy. Elles s’attachent avant tout à s’occuper plus de la création de contenu sur les réseaux, là où les hommes dominent. Les ‘facilités’ de communication que livre Internet (plus rapide, moins onéreux, plus ouvert) leur laisse cette chance. Le seuil d’accès à la communication est en outre abaissé : les dialogues sont plus directs, détendus ce qui permet aux femmes de toutes catégories sociales de devenir visible, de parler au monde entier…rappelons qu’elles sont généralement moins scolarisées que les hommes.

L’Internet transforme les modes de d’actions collectives

En dernier lieu, une thèse soutenue par un doctorant de l’Institut Français de Presse, F. Granjon, travaillant sur ‘l’appropriation ‘militante’ -dans notre cas féministe- d’Internet en contexte associatif’ recoupe et enrichit les analyses précédentes. Le texte démontre que les associations relevant de l’engagement distancié appellent à des formes de fonctionnement plus flexibles dont Internet pourrait fournir les bases et permettrait une amélioraton des performances associatives au niveau de la concertation, de la décision, de l’organisation du travail. (jusque-là ; on ne vous surprend pas). De surcroît, « l’appropriation de ces nouvelles technologies numériques serait susceptible de servir, renforcer, supporter et objectiver cet engagement distancié ». Ce nouvel outil induirait par conséquent l’évolution des modes d’actions collectives ainsi que des formes de sociabilité qu’il implique. Selon J. Palmieri, ces transformations conviennent aux mouvements féministes.

Il y a donc une subtile interaction entre la façon dont les mouvements de femmes modèlent le Web et la façon dont le Net influence les organisations militantes des femmes.

Ainsi, il faut qu’Internet ressemble aux femmes et que les femmes s’adaptent à ce nouveau médium : tel est l’adage. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de » faire évoluer une technologie capables de transformer la société en profondeur », déclare Mme Sherry Turkle, professeur de sociologie des sciences au MIT. Selon elle, la cyberculture est encore dominée par des hommes : « les hommes ont imposé un style dur, abstrait. L’approche « douce » était tenue pour inférieure. Donc, les femmes qui utilisaient leur compétences « douces butaient sur un véritable tabou culturel ». La situation change aujourd’hui puisque les femmes recourent de plus en plus au Web. Les hommes n’ont qu’à bien se tenir.

Diffuser quoi?

Vos communiqués, articles, lettres ouvertes, annonces sur vos activités, appels à l’action, mémoires… Voyons ça d’un peu plus près.

Ta bouche, fondamentale contre le fondamentalisme Des pétitions à signer en ligne et des appels à faire parvenir des lettres par la poste ou à contacter les député-es complètent très bien des campagnes d’action « papier ».

Votre bulletin de liaison peut être diffusé par courriel aux personnes intéressées à être tenues au courant sur ce que vous faites, de même que vos mémoires, recherches, analyses film porno, kits pour agir… Vous pourriez aussi faire des économies en offrant à vos membres la possibilité de vous soutenir en se contentant de recevoir vos documents dans un format électronique plutôt que papier. Vous pourriez aussi mettre en ligne une sélection d’articles en les copiant-collant dans des sites à publication ouverte.

Les médias « traditionnels » reçoivent vos communiqués qui pourraient aussi fort bien circuler dans Internet.

Vous faites parvenir des lettres ouvertes à la presse papier. C’est bien, mais elles ne sont pas toujours publiées. Quand c’est le cas, elles sont parfois coupées. Dans tous les cas, pourquoi ne pas les publier aussi dans des cybermédias et les diffuser dans des listes de discussion?

Des sites Web offrent la possibilité d’annoncer gratuitement les événements que vous organisez. Pourquoi ne pas profiter de ces agendas quand vous souhaitez rejoindre plus de femmes?

Vous recevez les annonces et communiqués de groupes de femmes de votre région. Chanceuse! Il y a 17 régions au Québec. En se basant sur les informations qui circulent dans l’Internet québécois, on pourrait presque conclure qu’il n’y en a à peu près qu’une et toujours la même. Pourquoi ne pas les rediffuser dans une liste de dicussion? Vous pourriez aussi en lancer une pour votre région.

Selon vous, si telle initiative locale était mieux connue, elle en inspirerait d’autres. Avec Internet, il n’en tient qu’à vous qu’elle le soit. Si vous ne le faites pas, qui le fera?

Vous vous intéressez particulièrement à un domaine porno e d’activités et vous trouvez de temps en temps des contenus intéressants sur Internet. Pourquoi ne pas partager ces informations dans une liste de discussion?

Et ainsi de suite…